Vaccination des enfants contre le Covid-19 : bénéfice ou risque ?

La vaccination des ados : bénéfice ou risque ?

IMMUNITÉ COLLECTIVE – Au lendemain de l'ouverture de la vaccination pour les enfants de plus de douze ans, des internautes ont lancé une campagne pour alerter sur "les risques" pour ce public. Nous avons passé au crible leurs arguments.

La balance bénéfice-risque du vaccin s'inverserait-elle lorsqu'il s'agit d'enfants ?  Sur les réseaux sociaux, des internautes tentent d'alerter sur ce qu'ils considèrent comme les "dangers" de la vaccination des plus jeunes. Alors que la campagne s'est ouverte pour ce public dès 12 ans, un internaute a par exemple prévenu qu'il y avait "bel et bien" un "risque du vaccin" chez les enfants, alors qu'il n'y a "pas de bénéfice".

Toute l'info sur

L'info passée au crible

Les Vérificateurs, une équipe de fact-checking commune aux rédactions de TF1, LCI et LCI.fr

Un exemple parmi tant d'autres. Depuis plus d'une semaine, les messages se multiplient à ce sujet, souvent accompagnés du hashtag #TouchePasAMesEnfants. D'après les données de Visibrain, au lendemain de l'ouverture de la vaccination pour les enfants le 15 juin, près de 39.500 messages publiés sur les réseaux sociaux comportaient cette mention. Pour les Vérificateurs, l'entreprise qui propose un outil de veille des réseaux sociaux a résumé l'ampleur de la campagne. Depuis plus d'une semaine, près de 30.000 messages comportaient cette mention chaque jour. Si bien qu'une pétition dans ce sens est née le 16 juin. Titrée simplement "non à la vaccination des enfants" en lettres majuscules, elle a recueilli près de 23.700 signatures.

Quelle balance bénéficie - risque ?

L'argument principal est toujours le même : les enfants n'auraient aucun bénéfice à se faire vacciner. Mais que sait-on réellement ? Effectivement, les formes graves du coronavirus, voire mortelles, sont rarissimes chez eux. Une étude européenne, réalisée l'été dernier, a montré que les 12-15 ans font très peu de formes graves. Seulement 4% des jeunes infectés sont hospitalisés et leur taux de décès n'est que de 0,03%. 

Si le vaccin doit d'abord permettre de lutter contre les formes graves, ce n'est cependant pas son seul avantage. Les récentes études commencent à montrer que l'immunité produite permet aussi de moins transmettre le virus. Or, les enfants sont au moins aussi contagieux que les adultes. C'est d'ailleurs clairement l'argument donné par les autorités sanitaires pour ouvrir la vaccination à ce public. Le 3 juin, dans sa recommandation pour que la vaccination puisse être proposée à "tous les adolescents en bonne santé", la Haute Autorité de Santé soulignait le bénéfice "collectif" d'une telle option. Cela permettra, selon l'autorité publique indépendante, de "diminuer la circulation virale" dans la population. Donc même si l'intérêt pour l'enfant semble limité, il y a un intérêt collectif indéniable. 

Lire aussi

Voilà pour les bénéfices. Quant aux risques, rien ne laisse penser qu'il en existe outre-mesure. Les seules données dont on dispose aujourd'hui viennent des essais cliniques de Pfizer. Et sont plus que rassurantes. Sur plus d'un millier d'adolescents vaccinés, aucun effet indésirable grave n'a été recensé. Quant aux effets secondaires légers, ils sont similaires à ceux observés chez les adultes. À savoir des douleurs sur le point d'injection (79 à 86%), de la fatigue (66%) et des maux de tête (55 à 65%). 

Une fois ces éléments donnés, que penser de la fameuse "balance bénéfice-risque" ? Pour y répondre, rien de mieux que regarder vers le passé. Car ce n'est pas la première fois que les enfants sont vaccinés afin de protéger l'ensemble de la population. Auprès des Vérificateurs, Laurent Henri Vignaud, historien de la vaccination, rappelle ainsi que depuis les années 70 "on vaccine les enfants contre la rubéole, alors que c'est une maladie bénigne" pour ce public. De nombreux arguments qui ont déjà convaincu des millions de familles outre-Atlantique. En moins de trois semaines, trois millions d'adolescents, sur 17 millions, ont déjà reçu une première dose.

Vous souhaitez nous poser des questions ou nous soumettre une information qui ne vous paraît pas fiable ? N'hésitez pas à nous écrire à l'adresse lesverificateurs@tf1.fr

Sur le même sujet

Les articles les plus lus

Trois choses à savoir sur Novavax, le nouveau vaccin dont vous entendrez bientôt parler

EN DIRECT - Covid-19 : les États-Unis projettent de rouvrir leurs frontières aux voyageurs vaccinés

Extension du pass sanitaire : les points que le Conseil constitutionnel pourrait censurer

Catalogne : un Français recherché pour avoir jeté un mégot depuis la fenêtre de sa voiture

The Offspring se sépare de son batteur qui ne s’est pas fait vacciner pour raisons médicales

Lire et commenter
LE SAVIEZ-VOUS ?

Logo LCI défend l'ambition d'une information gratuite, vérifiée et accessible à tous grace aux revenus de la publicité .

Pour nous aider à maintenir ce service gratuit vous pouvez "modifier votre choix" et accepter tous les cookies.