Vaccination : pourquoi l'OMS continue de s'opposer à une troisième dose

Vaccination : pourquoi l'OMS continue de s'opposer à une troisième dose

À CONTRE-COURANT - Mercredi, l'Organisation mondiale de la santé a estimé que "les données actuelles n'indiquent pas que les rappels sont nécessaires", alors que plusieurs pays ont déjà commencé à administrer une troisième dose de vaccin, ou prévoient de le faire.

Tandis que la campagne vaccinale contre le Covid-19 bat toujours son plein à travers le monde, l'hypothèse d'une troisième dose de vaccin est devenue réalité : Israël a déjà commencé à l'administrer, les États-Unis le feront très bientôt, et la France lancera dès la mi-septembre une campagne pour les patients les plus fragiles.

Une étape supplémentaire dans la lutte contre l'épidémie qui hérisse pourtant l'Organisation mondiale de la Santé, laquelle a dénoncé, mercredi 18 août, la ruée des pays riches vers cette troisième dose de vaccin. L'instance internationale, qui fait régulièrement valoir que l'ensemble de la planète doit avoir accès au sérum avant d'envisager un rappel vaccinal - et a même demandé un moratoire à ce sujet -, avance aussi des arguments scientifiques.

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Si mercredi elle a continué de s'appuyer sur un plan "moral et éthique", jugeant qu'il n'est pas bon, à ses yeux, que les pays riches injectent la troisième dose "quand le reste du monde attend sa première injection", elle pense également "clairement que les données actuelles n'indiquent pas que les rappels sont nécessaires", a déclaré la scientifique en chef de l'OMS, Soumya Swaminathan, en conférence de presse. 

D'après elle, il faut donc "attendre que la science nous dise quand les rappels sont nécessaires, quels groupes de personnes et quels vaccins ont besoin de rappels".

"Pas d'avis stabilisé" en France, mais...

En France, où quelque 5 millions de personnes âgées ou à "très haut risque" sont ciblées en priorité pour une "dose de rappel" de vaccin anti-Covid à partir de mi-septembre, selon les autorités sanitaires, le gouvernement reconnait qu'il n'y a "pas d'avis scientifique stabilisé sur les catégories qui pourraient bénéficier de cette dose de rappel".

Néanmoins, il précise que le périmètre des personnes concernées fait l'objet d'un "consensus" entre la Haute autorité de santé (HAS), le Conseil scientifique et le Conseil d'orientation de la stratégie vaccinale.

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Les laboratoires producteurs de vaccins, eux, plaident pour l'administration d'un rappel vaccinal. Lundi, l'alliance Pfizer/BioNTech a ainsi annoncé avoir soumis de premiers lots de données à l'agence américaine du médicament (FDA), montrant les bienfaits d'une troisième dose pour la protection immunitaire. 

Quelques études préliminaires, ainsi que des observations réalisées en Israël, ont récemment soulevé des inquiétudes sur une efficacité diminuée du vaccin de Pfizer contre l'infection face au variant Delta, même si la protection contre les cas graves de la maladie reste très bonne.

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