Isolement des cas positifs au Covid-19 : pourquoi passer de 7 à 10 jours ?

Isolement des cas positifs au Covid-19 : pourquoi passer de 7 à 10 jours ?

ÉCLAIRAGE - Olivier Véran a annoncé jeudi que la période de quarantaine des personnes contaminées par le SARS-CoV-2 serait, dès lundi prochain, allongée de trois jours. Derrière cette annonce ? Une nouvelle donne.

Dès lundi, tous les cas positifs au Covid-19 seront donc soumis à trois jours de quarantaine supplémentaires. L'isolement des personnes contaminées par le SARS-CoV-2 sera ainsi porté de sept à dix jours, tel qu'annoncé jeudi le ministre de la Santé Olivier Véran, qui a toutefois précisé que la durée d'isolement "restera en revanche de sept jours pour les cas contact".

Pour rappel, depuis début février, cette mesure de prévention et de contrôle de la diffusion du virus avait déjà été allongée de trois jours pour les personnes contaminées par le variant sud-africain ou brésilien, avec un test PCR négatif nécessaire pour en sortir. Quels sont les facteurs qui expliquent que désormais, dix jours de quarantaine valent mieux que sept ? Et ce peu importe la souche contaminante ? 

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Une durée d'infection de plus de 13 jours ?

Si le ministre de la Santé n’a pas livré plus de détails, l'annonce qui intervient dans un contexte d'émergence des variants semble faire écho à certains travaux évoquant un risque que les personnes contaminées par un variant soient contagieuses plus longtemps. C'est notamment le cas d'une étude parue le 10 février dernier par l'université d'Harvard qui tend à démontrer que la durée d'infection augmente en présence du variant britannique, sans toutefois avoir été pour l'heure relue par des pairs et donc validée. 

Dans le détail, des chercheurs ont isolé 64 personnes qui ont été infectées par le Covid-19, dont 7 au variant britannique. En comparant les résultats des deux groupes, ces derniers ont mis en évidence le fait que chez les personnes infectées par la souche anglaise, la durée d'infection s'établissait à 13,3 jours contre 8,2 jours pour la souche originelle. "Le variant (britannique) B.1.1.7 peut provoquer des infections plus longues [...]. Cette durée prolongée peut contribuer à l'augmentation de la transmissibilité du SARS CoV-2", concluent ainsi les auteurs de l'étude. Et tandis que l'hypothèse de la présence d'une charge virale plus forte pour expliquer que ce variant est considéré comme plus contagieux de 50%, il n'en est rien d'après les auteurs de cette publication. Selon eux, la différence de charge virale n'était en effet pas signifiante entre les deux groupes. 

Si ces conclusions viennent à être confirmées, la période d'isolement adaptée en conséquence pourrait effectivement s'avérer précieuse pour freiner que la progression de ce variant. D'où le fait, sans doute, que le principe de précaution s’impose en attendant.

Le variant britannique déjà dominant dans certaines régions

Insistant sur le fait que "l’heure n’est pas au relâchement", Olivier Véran a précisé qu'à l'heure actuelle, "36% des cas positifs criblés correspondent à des variants britanniques et 5% à des variants sud-africains ou brésiliens", notamment en Moselle où il s'était rendu la semaine dernière. Et ce avec le risque pointé par de nombreux observateurs que ces derniers fassent de nouveau flamber l'épidémie. 

Or, la répartition de ces variants est toujours hétérogène, avec des pics en Moselle (variant sud-africain), où la situation s'améliore un peu, ou à Dunkerque, où le variant britannique représente désormais 72% des cas, a rappelé Olivier Véran. Si "l'incidence (le nombre de cas pour 100.000 habitants) est stabilisée voire en légère baisse en Moselle", la "situation est particulièrement inquiétante à Nice", a-t-il prévenu, précisant qu'il se rendra sur place samedi. Sans compter que dans certaines régions, on observe déjà un point de bascule. C'est le cas en Bretagne, où malgré des disparités fortes entre départements, le variant britannique est devenu dominant dans la région en cette mi-février selon les derniers chiffres de Santé Publique France, rapporté par Le Télégramme. C'est déjà le cas depuis une semaine dans l'est de l'Île-de-France.

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Pour rappel, la durée d'isolement était initialement de 14 jours en France, ce qui coïncide avec la durée maximale d'incubation de 12 à 14 jours. Mais elle avait été raccourcie le 11 septembre dernier après un avis favorable du Conseil scientifique.

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