Variants du Covid-19 : la souche britannique inquiète la Bretagne

Variants du Covid-19 : la souche britannique inquiète la Bretagne

ÉPIDÉMIE - Selon les résultats de la deuxième enquête flash menée fin janvier, le variant britannique est en train de circuler de façon plus intensive en France, notamment en Bretagne. Dans le même temps, quatre premiers cas du variant d'origine brésilienne ont été détectés sur le territoire.

En Bretagne, il représente dorénavant un cas de contamination sur cinq. Une montée en puissance qui inquiète particulièrement les autorités sanitaires. À l’Université de Rennes, pour limiter la circulation du virus, une campagne de dépistage vient d’être lancée sur le campus. Cependant, les tests ne permettent pas de détecter immédiatement la présence d’un variant. "Sur un test antigénique, on ne peut pas faire de recherche de variant", explique le Dr Sylviane Chevrier, membre de la protection civile de Bretagne. "Si la personne a voyagé, on pourra éventuellement les retester avec un test PCR, pour savoir si elle porteuse du variant", ajoute-t-elle.

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Relativement épargnée depuis le début de l'épidémie, la Bretagne compte désormais 128 foyers épidémiques, dont 28 rien qu'au cours des deux derniers jours. La grande majorité de ces clusters touchent les établissements de santé et les milieux scolaires et universitaires. Mais pas uniquement. Au commissariat central de Rennes (Ille-et-Vilaine), 22 policiers ont été testés positifs et une trentaine d’autres, cas contact, ont été placés à l’isolement, rapportent nos confrères du journal Ouest-France. Par ailleurs, 19 classes, dans quatorze établissements de la région, ont été fermées. Cinq établissements parmi eux n’accueillent désormais plus aucun élève.

"Nous sommes assez préoccupés. Les taux d’incidence augmentent assez rapidement, notamment en Ille-et-Vilaine et sur Rennes Métropole. Cela veut dire la circulation du virus s’accélère", souligne Stéphane Mulliez, directeur général de l’Agence régionale de Santé (ARS) de Bretagne. Le nombre d’hospitalisations est aussi en forte hausse : en deux jours, 24 malades ont dû être hospitalisés, soit au total 737 patients (dont 46 sont en service de réanimation). Les décès aussi sont particulièrement nombreux : 27 patients sont morts des suites du coronavirus dans les hôpitaux de Bretagne ces dernières 48 heures.

Un taux de circulation proche de 14%

Ailleurs sur le territoire, la présence du variant britannique se fait aussi plus intense. C’est notamment le cas en Île-de-France et dans le Grand Est, où la situation dans les hôpitaux est encore plus tendue. Selon les résultats préliminaires de la deuxième enquête flash, qui mesure le taux des variants parmi les tests positifs, 20% des tests réalisés dans ces deux régions seraient concernés par ce nouveau variant, suspecté d’être plus contagieux que la souche d’origine du Covid-19. Sur l’ensemble du pays, son taux de circulation atteint désormais 13,8% à la date du 27 janvier, alors qu’il était de 3,3% le 7 janvier dernier. Des chiffres en forte hausse qui font craindre une nouvelle saturation du système hospitalier.

Au micro de TF1, le professeur Gilles Pialoux, chef du service des maladies infectieuses et tropicales à l'hôpital Tenon à Paris, tire la sonnette d’alarme. Actuellement, un cas sur trois est un variant britannique dans son unité. "Tant que le nombre de patients admis en réanimation est inférieur aux capacités d'accueil, nous pouvons prendre en charge les patients, c'est la phase ascensionnelle. Ce qu’on ne peut pas prévoir, en revanche, c’est le moment où ça va décrocher. Or on sait que l’étape d’après, c’est de pousser les murs, c’est-à-dire d’utiliser les unités de soins intensifs, et donc de déplacer les patients qui s’y trouvent, ainsi qu’une saturation des blocs opératoires, ce qui veut dire une déprogrammation", souligne l’infectiologue. 

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Quatre premiers cas de variant brésilien en France

Quatre premiers cas d'infection au variant brésilien ont été détectés en France, en plus des variants britannique et sud-africain, a indiqué ce jeudi le ministre de la Santé, Olivier Véran. Les variants sud-africain et brésilien "nous inquiètent encore davantage, d'abord parce qu'il existe moins de données sur les infections qu'ils entraînent, ensuite parce que certaines études tendent à montrer qu'il y a davantage de réinfections, et enfin parce que nous manquons d'éléments pour être pleinement sûrs que les vaccins seraient aussi efficaces sur ces variants", a-t-il souligné. Pour limiter au maximum la diffusion du virus, le gouvernement a annoncé ce jeudi soir le passage systématique d’un infirmier chargé d’accompagner l’isolement des patients positifs à un variant. À l’issue des sept jours de quarantaine, ils devront encore limiter leurs contacts une semaine de plus.

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