Variants du Covid : pourquoi les mutations brésilienne et sud-africaine sont plus inquiétantes

Variants du Covid : pourquoi les mutations brésilienne et sud-africaine sont plus inquiétantes

FOCUS - Les variants gagnent du terrain en France. Au micro de LCI, le virologue et membre du Conseil scientifique Bruno Lina nous éclaire sur les différences qui les caractérisent et sur les menaces qu'ils peuvent représenter.

L'arrivée des vaccins devait sauver l'humanité du Covid-19. Mais c'était sans compter sur l'arrivée des différents variants. À l'heure actuelle, trois d'entre eux progressent sur notre territoire : le variant britannique, qui représentait le 27 janvier 13,8% des contaminations, le variant sud-africain et le variant brésilien, dont les parts dans les nouvelles contaminations sont pour l'instant comprises entre 1 et 2%. Joint par LCI ce mardi, le professeur Bruno Lina, virologue et membre du Conseil scientifique fait le point sur les bouleversements qu'ils entrainent et sur la façon dont ils pourraient s'imposer sur le territoire français.

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Le variant britannique ne réinfecte pas les malades déjà contaminés par la souche "historique"

Si le variant britannique connaît une progression exponentielle en France, le virologue se veut plutôt rassurant. Pour lui, il prendra dans le pire des cas la place du variant "historique", qu'il appelle le "lignage européen". "Le périmètre des personnes qu'il est capable d’infecter n'est pas augmenté par rapport à ce que l'on avait avec le variant européen, tout simplement parce qu’il n’y a pas de différence antigénique. C’est-à-dire qu'une personne qui avait été infectée par le virus européen n’a pas de risque plus important d’être infecté par le virus britannique", explique-t-il. Ainsi, alors que la progression de ce variant a quadruplé du 7 au 27 janvier, le nombre de cas quotidiens reste toujours stable.

En revanche, prévient Bruno Lina, si le variant britannique, plus contagieux d'environ 40%, devenait majoritaire, le taux de reproduction du virus (R0) passerait au-dessus de 1. "C’est ça qui aujourd’hui attire notre attention. Si l’ensemble de nos virus aujourd’hui étaient des variants britanniques, on serait probablement avec une reprise épidémique", explique-t-il.

Les variants sud-africain et brésilien pourraient augmenter le nombre de personnes susceptibles d'être contaminées

Les craintes se cristallisent davantage autour des variants brésiliens et sud-africains. "On se rend compte qu'il y a des mutations additionnelles qui leur confèrent une possibilité d’échappement partiel à la réponse immunitaire", fait savoir Bruno Lina. Si les données manquent encore actuellement sur le sujet, les scientifiques pensent que des personnes qui ont été infectées au variant européen puis réexposées aux variants du Brésil ou d'Afrique du sud ont un risque de réinfection plus élevé.

"Cela pose la question de l’efficacité vaccinale car ces vaccins ont été construits à partir des virus historiques, qui ressemblent au lignage européen", souligne le virologue. Ainsi, s'il est avéré que le vaccin développé par Pfizer/BioNTech protège très bien du variant britannique, un certain nombre de données indiquent qu’il y a une perte de l’efficacité vaccinale pour les variants brésilien et sud-africain. "Mais on n'est pas en train de basculer de 100% à 0%", tempère le membre du Conseil scientifique. "On a une protection un peu moins bonne et ça suppose qu’on soit vigilants vis-à-vis de ces virus."

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Le virologue appelle donc à "renforcer les mesures de freinage de la circulation du virus". Avec un nouveau confinement ? "Ce ne sont pas forcément des mesures contraignantes", répond le scientifique, qui plaide pour une meilleure traçabilité et un meilleur séquençage des cas positifs. "Ça peut être un certain nombre d’investigations pour voir où il y a des foyers de virus émergents et comment on peut arriver à mieux les contrôler".

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