Vers la fin programmée de l'hépatite C ?

Vers la fin programmée de l'hépatite C ?

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MALADIE - Trois études parues presque simultanément en 2014 révèlent que l'hépatite C a de grandes chances d'être éradiquée dans les prochaines années. Car dans le courant 2014, les médecins disposeront de nouveaux traitements susceptibles de guérir 90 % des malades, donc de réduire considérablement le nombre de contaminations.

L'hépatite C sera-t-elle bientôt de l'histoire ancienne ? Oui, à en croire la conclusion de plusieurs études internationales réalisées cette année. Le premier rapport, publié dans la revue Journal of Viral Hepatitis , démontre son élimination potentielle dans quinze pays d'ici 2030. A condition toutefois d'augmenter les taux le dépistage et de traitement dans tous ces pays, France incluse. L’hépatite C est une maladie du foie causée par le virus de cette maladie, qui se transmet par contact avec le sang d’une personne infectée.

Selon l'Organisation mondiale de la santé (OMS) "environ 150 millions d’individus sont porteurs chroniques et encourent le risque que leur atteinte hépatique évolue vers la cirrhose et/ou le cancer du foie. Plus de 350 000 personnes en meurent chaque année". Dans le rapport, des chercheurs de ces quinze pays estiment que les progrès thérapeutiques couplés à une augmentation du nombre de patients traités pourraient conduire à une réduction de 90 % de malades en 2030, soit la définition de l'élimination d’une maladie.

300 000 malades en France

"L'hépatite C est une maladie curable, mais aujourd'hui seulement en moyenne 3 % des personnes infectées par le virus sont actuellement traitées. La recherche montre que traiter ne serait-ce que 10 % de la population diagnostiquée par an conduirait à l'élimination de la maladie d'ici 2030. En dessous de ce seuil, les nouvelles infections maintiendraient la prévalence de l’hépatite à un taux supérieur", commente le Pr Graham Foster, rédacteur en chef de la revue Journal of Viral Hepatitis.

En France, quelque 300 000 personnes sont contaminées, et près de 100 000 malades s'ignorent. A ce sujet, le rapport montre que l'élimination de l’hépatite C n’y est envisageable "que si on augmente le nombre de personnes traitées avec notamment l'extension de la prise en charge de patients âgés (75- 84 ans)". Ces résultats font écho à ceux d'une étude de modélisation présentée à l'occasion du 49e congrès de l’Association européenne pour l’étude du foie (EASL) qui s'est terminé le 13 avril dernier.

"Toutes les conditions sont réunies"

Cette dernière révèle que "l’efficacité des nouvelles molécules, la durée plus courte des traitements et la diminution des effets secondaires symbolisent un véritable espoir d’éradiquer la maladie". Actuellement, il n'existe aucun vaccin contre l’hépatite C, mais elle peut être guérie avec des antiviraux. Sauf que l'association de deux médicaments, l'interféron et la ribavirine, n'est hélas efficace que dans 50 à 75 % des cas et entraîne des effets indésirables assez lourds (fatigue, troubles de l'appétit, du sommeil).

En 2014, deux nouvelles molécules devraient obtenir une autorisation de mise sur le marché (AMM), le sofosbuvir et le siméprévir. En tout, plus d'une quinzaine de nouvelles molécules sont attendues, des options thérapeutiques moins longues, moins lourdes et plus efficaces. "Ces nouveaux traitements représentent en particulier une opportunité de réduire la transmission du virus dans les groupes les plus à risque d’infection aujourd’hui : les usagers de drogues qui partagent le matériel", ajoute l'étude de l'EASL.

Enfin, un troisième rapport, réalisé en janvier lors du 7e Paris Hepatitis Conférence , va dans ce sens. "Les résultats qui s'annoncent à court et moyen terme sont une chance formidable pour les malades et les médecins qui les suivent. Il est clair maintenant que, scientifiquement, les conditions sont réunies pour aboutir à terme à l'éradication de l'infection", concluent les auteurs. Mais toutes ces études sont d'accord sur une chose : cette révolution thérapeutique sera possible si et seulement si le dépistage et la prise en charge médicale sont accessibles à tous.

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