Vers une sortie de crise mi-avril ? : "On commence à voir la lumière au bout du tunnel", estime le Pr Pittet

Vers une sortie de crise mi-avril ? : "On commence à voir la lumière au bout du tunnel", estime le Pr Pittet

INTERVIEW : Sur le plateau de LCI, le chef du service prévention et contrôle des infections aux Hôpitaux universitaires de Genève a déclaré que d'ici "six à huit semaines", la France pourra "relâcher" la pression progressivement.

Sur le plateau de LCI, le Pr Didier Pittet, chef du service Prévention et Contrôle des infections aux Hôpitaux universitaires de Genève, est revenu jeudi sur la crise sanitaire en France. Au micro de Jean-Michel Aphatie, l'infectiologue a indiqué que d'ici mi-avril "on pourra commencer à relâcher certainement en douceur" les restrictions avec "un programme". Alors que le Premier ministre Jean Castex devrait annoncer un confinement le week-end dans le département du Pas-de-Calais, le co-inventeur du gel hydroalcoolique estime que d'"ici six à huit semaines", on aura bénéficié des restrictions mises en place sur différentes parties du territoire. 

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Le discours du Pr Didier Pittet s'inscrit dans la droite ligne des propos tenus par le porte-parole du gouvernement, Gabriel Attal. Ce mercredi, il a évoqué une réouverture progressive du pays "peut-être dès la mi-avril" grâce à la vaccination et la mise en place d'un "pass sanitaire". Alors que trois millions de personnes ont reçu la première injection du vaccin contre le Covid-19 et que 80% des individus en Ehpad ont été primo-vaccinés, un vent d'optimisme semble souffler sur le gouvernement. En témoigne aussi les déclarations du président Emmanuel Macron lors de sa visite à Stains (93), ce dimanche,  qui avait indiqué qu'il fallait tenir encore "quatre à six semaines". À noter cependant que le nombre de cas du Covid-19 ne faiblit pas. Ce mercredi, la France a enregistré 26.788 nouveaux cas de contamination par le coronavirus. 

Une certaine lumière au bout d'un tunnel - Professeur Didier Pittet

Selon le professeur Didier Pittet : "On commence à voir une certaine lumière au bout d'un tunnel."  Le professionnel de la santé file la métaphore du tunnel estimant que sa longueur peut varier parfois "car il y a des variants qui viennent compliquer un peu le jeu." Alors si la pression s'allège un peu, cela veut-il dire que les variants n'ont pas eu l'effet redouté ? "Les variants ont déjà eu un effet redouté, car on a bien vu qu'il y avait une transmission très accélérée en particulier du variant britannique", répond le Pr Didier Pittet. Il prend l'exemple de l'Irlande ou de l'Angleterre, deux pays qui ont été aux prises avec ce variant britannique.

Alors comment peut-on voir le bout du tunnel ? "Dans cette situation, le nombre de cas est raisonnablement bas. On peut lancer les équipes de terrain pour contrôler les chaînes de transmission. Même si le variant est plus transmissible, on bloque les chaînes de transmission donc on reste à des taux relativement bas même si on n'arrive pas à descendre jusqu'en bas", explique-t-il. 

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Selon le professeur Didier Pittet,"on peut imaginer repartir vers une certaine normalité". Mais qu'est-ce que cela signifie concrètement ? Derrière ce terme, l'infectiologue mentionne l'ouverture des bars ou encore des restaurants tout en relativisant ses propos. En effet, il n'est pas encore envisagé de "reprendre les grands concerts de 20.000 personnes." En conclusion, le spécialiste rappelle que les gestes barrières et le lavage de mains restent "les outils principaux" et "demeurent la clé pour stopper la transmission. "

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