Aluminium dans les vaccins : faut-il vraiment s'inquiéter ?

DirectLCI
PIQÛRES - Dans un rapport de l’Agence nationale de sécurité du médicament, des scientifiques soulignent les risques liés à la présence d’aluminium dans les vaccins. Et d’assurer qu’il faut continuer les recherches en la matière. De son côté, le ministère de la Santé refuse de remettre en cause l’innocuité des vaccins. Interrogé par LCI, le docteur Marcel Ichou se montre rassurant.

Les anti-vaccination n’en attendaient pas tant pour bondir de leur chaise. Dans son édition du jour, Le Parisien révèle une étude sur la dangerosité de l’aluminium présent dans les vaccins. Réalisée discrètement en mars dernier par l’équipe du professeur Gherardi et financée par l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM), elle n’avait entraîné aucune réaction du ministère de la Santé. 


Quelles sont ses conclusions notables ? Présent dans de nombreux vaccins inactivés (composés avec des agents pathogènes vivants dont la virulence a été atténuée, ndlr), l’adjuvant aluminique permet de stimuler la production d'anticorps. Sauf qu’il pourrait "induire une accumulation d’aluminium à long terme et des effets neurotoxiques", détaille M. Gherardi, chef du service neuromusculaire à l’hôpital Henri Mondor de Créteil. Et ce même en cas de faible dose. 

En vidéo

Pour ou contre : faut-il rendre obligatoires les vaccins ?

Prédisposition génétique ?

Une conclusion qui tranche avec les déclarations rassurantes du médecin généraliste Baptiste Beaulieu : "Les quantités d'aluminium apportées par les vaccins sont faibles (jamais plus de 0,85 mg) par rapport aux apports quotidiens d'aluminium dans l'organisme. Nous en mettons 3 à 5 mg dans notre corps chaque jour en mangeant et en buvant. 90 ans d'études scientifiques ont montré l'innocuité totale de ce métal sur l'organisme", expliquait-il en juillet dernier dans une vidéo rapidement devenue virale sur Facebook.  


Interrogé vendredi matin sur LCI, le docteur Marcel Ichou est allé dans le même sens. C'est vrai, il peut y avoir "des effets secondaires importants quand on se vaccine, et notamment avec l'adjuvant qui est de l'aluminium", a-t-il reconnu. Mais "ça l'a toujours été". "Je vous rappelle qu'on a dû faire des centaines de millions de vaccinations, et globalement, il n'y a quasiment pas d'effets secondaires, et encore moins d'effets neurotoxiques", a poursuivi le généraliste parisien", expliquant que l'aluminium "sert à stabiliser l'effet du vaccin" et ainsi à "éviter les revaccinations". Pour lui, pas doute, il n'y a aucun débat sur le bien-fondé de la vaccination. Le médecin appelle en revanche "urgemment" à ce que les autorités communiquent mieux sur le sujet. 

Par ailleurs, l’étude du professeur Gherardi souligne l'existence d'une prédisposition génétique chez certains patients à développer des lésions après avoir été vacciné. Dans un article publié en mars dernier, le site Vaccination-info-service.fr évoquait déjà cette hypothèse : "Des études (…) ont investigué le lien entre la lésion au site d’injection contenant de l’aluminium dénommée ‘myofasciite à macrophage’ et l’existence de symptômes de fatigue, douleurs musculaires ou articulaires ou de troubles cognitifs. L’analyse des résultats de ces études n’a pas permis de démontrer l’existence d’un lien".

Continuer les recherches

Quoiqu’il en soit, le rapport du conseil scientifique de l’ANSM préconise "des approfondissements", exhortant "la puissance publique à prendre ses responsabilités en la matière". Joint par Le Parisien, le ministère de la Santé réfute toutefois le caractère innovant de cette étude. "Il n’y a aucun argument scientifique à ce jour qui remet en cause l’innocuité des vaccins", martèle-t-il avant d’encourager la poursuite des recherches. Un souhait partagé par le Pr Gherardi, qui affirme avoir besoin de 550.000 euros pour continuer "cet immense chantier". 

Sur le même sujet

Plus d'articles

Lire et commenter