Campagnes de dépistage massif du Covid : dans les coulisses de la première journée au Havre

Campagnes de dépistage massif du Covid : dans les coulisses de la première journée au Havre

DÉCONFINEMENT - Des opérations de grande ampleur de dépistage du Covid-19 ont débuté ce lundi au Havre et à Charleville-Mézières, sans susciter d'affluence pour cette nouvelle tentative de juguler l'épidémie avant les fêtes de fin d'année.

Ils n’étaient qu'une poignée ce lundi matin à se présenter au centre éphémère de Gonfreville-L'Orcher (Seine-Maritime), pour la grande opération de dépistage du Covid-19. Cette campagne de test massive, qui doit durer jusqu’à samedi prochain dans toute la métropole havraise, s'inscrit dans le cadre du renforcement de la stratégie "tester-alerter-protéger" du gouvernement. Gratuit et sur la base du volontariat, le test (antigénique ou PCR) s'effectue sans rendez-vous ni ordonnance et le résultat tombe au bout de vingt minutes. Une formule qui se veut volontairement séduisante, dans le but d'attirer un maximum de personnes.

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À l'entrée du centre de dépistage, installé dans le gymnase de la commune, parmi la dizaine d'habitants présents à l'ouverture, beaucoup expliquent être venus en prévision des vacances de Noël. "Je n'ai aucun symptôme, mais il est possible que je sois porteur du virus sans le savoir", explique une retraitée, venue se faire dépister. "Je viens  pour me faire tester, avant les fêtes de Noël, afin d'éviter de contaminer mes proches", confie un père de famille, dans la file d'attente. "Je suis tombé malade la semaine dernière et les symptômes sont les mêmes que ceux du Covid-19", explique à son tour un adolescent. 

Les asymptomatiques dans le collimateur

D'après le site de la métropole du Havre, au total "20 sites de dépistage éphémères à grand volume" dont douze sont implantés au Havre et huit sur les communes de la communauté urbaine, seront ouverts de 10h à 20h, en plus des 50 sites installés dans les pharmacies, laboratoires et autres cabinets médicaux. La métropole, qui compte 270.000 habitants, y précise qu'elle avait connu "la plus forte incidence (nombre de cas pour 100.000 habitants, ndlr) en Normandie au cours de la deuxième vague épidémique". Et d'ajouter que "la taille de la population et la diversité géographique de la métropole, à la fois urbaine et rurale, sont des caractéristiques adaptées à l’expérimentation du dépistage massif".

À la veille du déconfinement et à dix jours de Noël, l'objectif de cette campagne de dépistage est avant tout d'identifier les personnes porteuses du virus mais n’ayant pas de symptômes. "Ils continuent de se balader dans les rues alors qu'ils sont porteurs du virus sans le savoir. Le but est de les isoler pour casser la chaîne de contamination", souligne entre deux tests une infirmière du centre de Gonfreville-l'Orcher, en Normandie. Mais encore faut-il avoir les moyens d'isoler. 

On va se faire dépister dans deux jours et on risque de l'attraper le troisième- Un couple de retraités havrais

Présent au centre de Montivilliers (Seine-et-Marne) pour le lancement de cette opération,  le maire du Havre, Edouard Philippe, a rappelé les modalités pour l’accompagnement des personnes testées positives. "Dès qu'une personne est testée positive, nous allons lui proposer une chambre à l'hôtel, quand elle ne peut pas s'isoler chez elle. Le dispositif s'appuie également sur un service de portages de repas et la réalisation des courses alimentaires", détaille l'édile, aux côtés du ministre de la Santé Olivier Véran, qui a appelé les Havrais à venir nombreux pour se faire dépister. 

Plus concrètement, une fois notifié du résultat de son test, le patient positif au Covid-19 est alors invité "à signer une déclaration sur l'honneur", dans laquelle il s'engage à s'isoler. Des brigades de médiateurs, recrutés parmi les professionnels et étudiants en santé et les secouristes, ainsi que parmi les jeunes en service civique ou envoyés par Pôle emploi, seront alors chargés de lui proposer "un accompagnement matériel", y compris pour la gardes des enfants. En cas de refus de sa part, "les brigades de l'Assurance maladie pourraient lui proposer de nouveau, par téléphone, d'intégrer le dispositif", comme le détaille une note du ministère de la Santé rendue publique la semaine dernière par le JDD.

La veille, le maire du Havre s'était cependant refusé à tout pronostic concernant le taux de participation à cette campagne massive de test de Covid-19. "A Liverpool, ils ont réussi à tester environ un tiers des 500.000 habitants en quatre jours. Si on testait 50% de la population, je serais le plus heureux des hommes ! Nous serons sans doute en dessous", a estimé l'ancien locataire de Matignon dans les colonnes du Journal du Dimanche. De nombreux Havrais ne cachent pas leur scepticisme face à une opération dont ils ne comprennent pas toujours l'utilité, à l’instar de ce couple de retraités croisé dans le centre-ville : "On va se faire dépister dans deux jours et on risque de l'attraper le troisième", soutient-il. 

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Une campagne de dépistage de masse a également débuté ce lundi à Charleville-Mézières (Ardennes), sans susciter non plus d'affluence pour cette nouvelle tentative de juguler l'épidémie avant les fêtes de fin d'année. Deux autres territoires doivent tenter la même opération en janvier : Roubaix (Nord) et Saint-Etienne (Loire). Ces tests massifs sont "une bonne idée, ça va donner une idée de la façon dont le virus circule", a jugé ce lundi chez nos confrères de BFMTV le Pr Éric Caumes, chef du service des maladies infectieuses à l'hôpital parisien de la Pitié-Salpêtrière à Paris. Il a en revanche estimé qu'il "serait très difficile" de les généraliser et souligné lui aussi, comme le font tous les épidémiologistes, que "tester sans isoler (les personnes testées positives) derrière, ça ne sert strictement à rien"

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