VIDÉO - Canicule : qu'est-ce que ce pic de de pollution à l'ozone qui entraîne la mise en place de la circulation différenciée en Île-de-France ?

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DÉCRYPTAGE- Alors que l’Île-de-France est touchée par un nouvel épisode de pollution et que la circulation différenciée est mise en place ce jeudi, LCI revient sur la différence entre deux types de polluants atmosphériques : les particules fines et l'ozone. S'ils peuvent indistinctement avoir des conséquences, parfois très lourdes, sur la santé, l'un est typiquement hivernal, l'autre estival. Et leurs origines sont variables.

Une partie de la France respire mal. Encore. Si les épisodes de pollution de l'air sont récurrents dans la capitale comme dans d'autres grandes agglomérations, tous n'ont pas la même source. On distingue notamment deux principaux polluants atmosphériques, à l'origine de ces pics ponctuels : les particules fines, et l'ozone. Moins connu, c'est ce dernier qui est dans l’œil du cyclone depuis dimanche alors que le pays traverse un épisode caniculaire, et ce, contrairement aux mois de décembre et janvier derniers. C'est lui qui a poussé la préfecture de police de Paris à mettre en place ce jeudi la circulation différenciée, les véhicules les plus polluants ayant interdiction de rouler dans la capitale et sa proche banlieue.

S'ils peuvent indistinctement avoir des conséquences, parfois très lourdes, sur la santé, ces polluants ne se manifestent pas de la même manière, et aux mêmes périodes. Charlotte Songeur, ingénieure chez Airparif, réseau de surveillance de la qualité de l'air en région parisienne, nous aide à y voir plus clair.

Quelle est la différence entre la pollution à l'ozone et la pollution aux particules fines ?

"Les épisodes de pollution aux particules fines sont typiquement hivernaux. On a en a d'ailleurs connu un très long aux mois de décembre et janvier derniers. Ils se manifestent lorsque les températures sont assez importantes la journée, et froides la nuit. Ça crée alors comme un chapeau sur l’Ile-de-France qui empêche la dispersion de la pollution locale. En d'autres termes, tout ce qui est émis au sol, reste bloqué dans les 100 premiers mètres.


En été, les épisodes sont très différents : on ne retrouve pas ce fameux chapeau, mais un phénomène de transformation chimique de la pollution. Pour résumer, les dioxydes d’azote réagissent avec les composés organiques volatils (qui proviennent principalement des industries, du trafic routier, des solvants et des peintures) sous l'action de l’ensoleillement et des températures élevées. Et ils fabriquent un deuxième polluant : l’ozone."

Combien de temps les épisodes mettent-ils à se résorber dans les deux cas ?

"Il est plus facile d'agir ponctuellement et dans l’urgence sur les épisodes de particules fines, très ciblés (trafic routier, chauffage au bois...) que sur les épisodes d'ozone, un polluant qui vit plus longtemps et qui voyage beaucoup. Il peut se dégrader, se refabriquer, se redégrader et se réfabriquer, ainsi plusieurs fois. C'est un cycle continuel. Mais si tout d’un coup, le vent revient, qu'il y a moins de soleil et plus de nuages, le processus de fabrication s'interrompt. 


S'agissant des particules fines, leur dispersion est aussi essentiellement liée aux conditions météo : dès que le vent se lève, l’effet de chape s’atténue, et la concentration devient plus faible. Mais il reste essentiel d'agir sur les sources, tout au long de l’année en réduisant nos émissions (trafic, chauffage aux bois, chantiers, agriculture...) . Chaque microgramme gagné a des effets bénéfiques sur la qualité de l'air et donc sur la santé. "

Justement, les conséquences sont-elles les mêmes sur la santé ?

Ces deux polluants atmosphériques ont un impact, parfois lourd, sur la santé. En matière d'ozone, la gêne se fait principalement sentir au niveau respiratoire ( irritation des bronches, de l’appareil respiratoire...) mais des irritations oculaires peuvent également apparaitre. Les épisodes de pollution à l'ozone sont d'ailleurs associés à une augmentation des hospitalisations et de la mortalité en cas de niveau très élevé. Enfin, il existe aussi des conséquences sur la végétation, les forêts et l'agriculture.


Concernant les particules fines, l'impact se fait au niveau des voies respiratoires et cardiovasculaire, et l'on sait désormais que certaines particules les plus fines (issues du diesel) sont cancérigènes. En matière d'environnement, les conséquences concernent surtout le bâti, des dégradations pouvant se manifester sur les monuments par exemple.

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