Bernard-Henri Lévy : "Couvre-feu est un mot terrible, de guerre"

Bernard-Henri Lévy : "Couvre-feu est un mot terrible, de guerre"

CORONAVIRUS - Invité d'Elizabeth Martichoux sur LCI ce vendredi 16 octobre, le philosophe Bernard-Henri Lévy a vivement critiqué l'instauration d'un couvre-feu à partir de minuit en Île-de-France et dans huit métropoles. Selon lui, au-delà d'être "attentatoire" à la liberté de circuler, cette mesure envoie un nouvel "électrochoc" aux Français.

"Couvre-feu est un mot terrible qui est un mot de guerre." C'est le constat de Bernard-Henri Lévy. Mercredi soir, sur TF1 et France 2, Emmanuel Macron a annoncé l'instauration de cette mesure, d'ordinaire réservée aux temps de guerre, pour endiguer la propagation de l'épidémie de Covid-19 en Île-de-France et dans huit métropoles. Il entrera en vigueur dans la nuit de vendredi à samedi, à minuit. Pour les jours suivants, et pour une durée d'au moins quatre semaines, il s'appliquera entre 21h et 6h. Pour le philosophe, "le couvre-feu est un décret attentatoire à la liberté fondamentale d'un humain de circuler.

"C'est une réduction provisoire de liberté. Néanmoins, c'est une réduction de liberté", s'est inquiété l'auteur de "Ce virus qui rend fou" (Grasset). "Je ne crois pas que ce soit salutaire."

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Pour "BHL", "ça fait six mois qu'on adresse des électrochocs aux Français. On fait que ça, des électrochocs, depuis le mois de mars. Est-ce qu'on a besoin d'un électrochoc de plus ? Est-ce que les Français sont des malades mentaux à qui il faudrait faire des électrochocs ?", a interrogé le philosophe, qui pense qu'une autre façon de faire est possible. "On doit être un peu plus civique. Ce sont des citoyens à qui on peut expliquer les choses, à qui on peut dire les dangers d'une situation et les mettre en garde. (...) Pourquoi des électrochocs tout le temps ? Couvre-feu est un mot terrible qui est un mot de guerre."

"Il faut faire preuve de nuance et dire la vérité", a-t-il appuyé. "Les contaminations, ce sont des navets et des carottes. Il y a tout dedans. (...) La vérité, c'est qu'il y a des cas graves, des entrées en réanimation, et puis il y a des cas asymptomatiques. Mettre tout dans le même panier, c'est tout mélanger. Cette épidémie est grave, mais on ne prend pas au sérieux une épidémie quand on crée de la panique. (...) Il y a tout un discours terriblement anxiogène. Rien n'est fait pour donner de l'espoir aux gens."

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