VIDÉO - Comment le coronavirus circule-t-il malgré le confinement ?

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Santé

Des soignants reposés après des semaines de bataille à l'hôpital, c'est une condition primordiale au déconfinement des Français. Car l'un des indicateurs de la circulation du virus est justement le nombre de patients en réanimation.

576. C'est le nombre de nouveaux cas de Covid-19 recensés en France entre la journée de dimanche et lundi. Et ce, malgré l'instauration du confinement il y a 49 jours et la période d'incubation du nouveau coronavirus pourtant censée durer de 1 à 14 jours. Alors, comment l'expliquer ? 

Il y a plusieurs réponses à cela. La première est que la circulation du virus se poursuit. Les mesures sanitaires mises en place mi-mars par le gouvernement ont néanmoins fait leur preuve puisque si le virus continue de circuler, il touche beaucoup moins de personnes. Pour preuve, l'indicateur R0 qui permet d'évaluer le  nombre de personnes infectées par un malade est actuellement à 0,6. Autrement dit : 10 personnes malades en contaminent 6 autres. 

En Île-de-France, les hôpitaux parisiens ont modélisé différents scénarios après le 11 mai. Un indicateur R0 deux fois plus important - à 1,2 - entraînerait 497 nouveaux patients en réanimation et cela grimperait à plus de 2500 avec un R0 de 3,3, le niveau relevé avant le début du confinement.

Une lente décrue du nombre de réanimations

Un autre indicateur est celui du nombre de patients en réanimation. Depuis le jeudi 30 avril sont publiées les carte de France présentant les départements en vert, orange et rouge en fonction de la circulation du virus mais aussi de la tension sur les capacités hospitalières en réanimation. Selon les derniers chiffres de la direction générale de la Santé, 6455 patients sont actuellement en réanimation en France dont 3696 pour une infection à Covid-19. Un chiffre qui poursuit sa baisse mais qui est encore insuffisant : les projections tablaient sur 1500 personnes en réanimation le 11 mai prochain. 

"Cette décrue des patients en réanimation est assez lente notamment du fait que ceux qui sont en réanimation actuellement sont probablement des cas plus sévères avec des durées d'hospitalisation de plusieurs semaines", explique Pr Gilles Pialoux. Selon le chef de service maladies infectieuses et tropicales à l'hôpital Tenon (AP-HP), l'objectif sera difficile à atteindre d'ici la semaine prochaine. 

Des cas asymptomatiques

Une autre raison enfin est que le virus circule malgré le confinement puisque les Français et Françaises sortent pour travailler, faire des courses ou encore pour un motif familial impérieux. Autant de moyens qui permettent au virus de se propager bien que moins activement. Et puis il y a celles et ceux qui ont été infectés mais l'ignorent. Les personnes contaminées peuvent avoir des symptômes pouvant aller jusqu'aux problèmes respiratoires et digestifs ou bien seulement des manifestations cutanées. 

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Et chez le nourrisson ? "Ça peut être simplement un refus du biberon. Un bébé somnolant cela peut évoquer le Covid-19", souligne même le Pr Frédéric Adnet, le chef du Samu et des urgences à l'hôpital Avicenne de Bobigny. De même, des personnes peuvent porter le coronavirus et le transmettre tout en étant asymptomatiques. Des indicateurs qui sont donc parfois visibles, parfois non mais qui reflète une réalité : si l'épidémie est en recul sur le territoire national, elle est toujours là.

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