VIDÉO - "C'est glaçant"... Lucile, infirmière, témoigne après que ses voisins lui ont demandé de partir

VIDÉO - "C'est glaçant"... Lucile, infirmière, témoigne après que ses voisins lui ont demandé de partir
Santé

RÉACTION - Lucile est infirmière dans un hôpital d'Île-de-France qui reçoit des patients malades du covid-19 depuis plusieurs semaines. Ses voisins, dans une lettre anonyme, lui ont demandé de quitter son domicile et la ville le temps de l'épidémie.

Lucile est infirmière, elle travaille dans un grand hôpital d'Ile-de-France. Depuis le début de l'épidémie de Covid-19 en France, elle combat comme tous les soignants, en première ligne pour sauver des vies, quitte à risquer la sienne. Une dévotion qui mérite seulement d'être saluée, applaudie. Mais certaines personnes, ses propres voisins, estiment qu'elle n'est plus "la bienvenue" dans leur ville.

Il faut venir discuter avec le personnel soignant pour comprendre ce que c'est, de vivre cette crise sanitaire- Lucile, infirmière en Ile-de-France, intimée de partir de chez elle par ses voisins

"Madame, nous savons que vous êtes infirmière et nous vous remercions d'exercer ce beau métier. Néanmoins vous comprendrez notre inquiétude concernant les risques que vous faites prendre à la commune en côtoyant des gens contaminés", explique le courrier, glissé dans sa boîte aux lettres cette semaine. "Nous vous demandons s'il serait possible que vous et votre mari ailliez résider ailleurs pendant la durée de la contamination, et de faire vos courses en dehors de la ville".

"C'est glaçant", reconnaît Lucile sur LCI. Mais elle ressent surtout "de la colère en voyant ce que certaines personnes sont capables d'écrire et de faire parvenir à leurs voisins". De façon anonyme qui plus est, ce qu'elle trouve détestable. "Ce qui me met très en colère, c'est ce que ce ne soit pas signé", affirme-t-elle. "On peut penser ce qu'on veut, mais à un moment donné, il faut avoir le cran d'assumer ce qu'on écrit et de venir discuter avec le personnel soignant, pour comprendre ce que c'est, de vivre cette crise sanitaire". De la vivre au plus près des malades et des morts, loin de la sécurité du confinement.

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La lettre anonyme se poursuit ainsi : "Nous vous voyons régulièrement promener votre chien, est ce que cela est raisonnable et vraiment utile aussi en sachant que vous êtes en contact avec des personnes contaminées. Vous serez de nouveau les bienvenus dans la ville quand tout sera terminé".

"C'est pitoyable", résume Lucile, qui rappelle que "ce n'est pas parce qu'on [le personnel soignant] est en contact avec des personnes atteintes du covid-19 qu'on est plus vecteurs ou plus à risques de contaminer les autres". Les scientifiques martèlent en effet qu'un grand nombre de personnes infectées sont asymptomatiques dans la population. Le confinement, les distances de sécurité et les gestes barrière sont les seuls réflexes nécessaires et efficaces pour se protéger les uns les autres.

"Tout le personnel soignant met déjà suffisamment sa vie de côté pour faire face à ça", témoigne encore Lucile. "On a pas besoin de ce genre de choses, d'être mis à l'écart comme des pestiférés, on a besoin de soutien". Heureusement, conclut-elle, ces réactions n'émanent que "d'une minorité de personnes".

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