Masques de protection : pourquoi des retards de livraison ?

Masques de protection : pourquoi des retards de livraison ?
Santé

ÉPIDÉMIE - Emmanuel Macron avait promis que des masques issus du stock d'État allient être distribués dans les pharmacies. Mais leur livraison a pris du retard, et la situation critique pour certains soignants dont les réserves diminuent.

Le 3 mars dernier, par décret, le Premier ministre réquisitionnait l’ensemble des stocks et productions de masques de protection sur le territoire national, dans le cadre de la lutte contre le coronavirus. Le même jour, le ministre de la Santé annonçait : "Nous sommes en train d’acheminer massivement des masques partout où nous le pouvons et il y a une gestion de ces masques qui doit se faire dans la durée". Deux semaines plus tard, la gestion de ces masques interroge alors que le personnel hospitalier voit ses réserves diminuer, quand elles ne sont pas déjà épuisées.

Pourtant, lors de son allocution lundi 16 mars, Emmanuel Macron faisait savoir que des masques seraient livrés dès le lendemain dans les 25 départements les plus touchés par le coronavirus. Olivier Véran a même indiqué que les camionnettes contenant les masques étaient parties. Mais la livraison a pris du retard, et nombre de soignants craignent de devoir se passer de protection au contact de leurs patients. "J’ai des structures qui sont à sec, il faut que les livraisons prévues soient effectives maintenant", alerte le docteur Serge Smadja, secrétaire général de SOS Médecins. 

Première difficulté dans la livraison des masques : un acheminement très complexe, avec de multiples étapes entre la production et la livraison aux médecins. Dans le détail, les quatre fabricants français fournissent toute leur production à l’Etat, qui passe par un logisticien pour alimenter les grossistes, qui livrent eux-mêmes les pharmacies, où les médecins peuvent enfin se les procurer.

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Selon l’économiste Frédéric Bizard, spécialiste du système de santé, le problème vient aussi d’un manque d’anticipation des autorités sanitaires : "On a sous-estimé la menace il y a deux mois, donc on n’a pas commandé suffisamment tôt", juge-t-il. Il rappelle aussi le don d’équipements médicaux à la Chine au mois de janvier, pour l’aider à lutter contre le Covid-19. A cette époque-là on était persuadé que cette épidémie ne nous concernerait pas", analyse l’expert.

Depuis, la question de la disponibilité des masques est devenue pressante. Le ministre de la Santé l’assure, la France dispose à ce jour d’assez de masques, 410 millions dans les stocks d’État. Mais en fonction de la durée de l’épidémie, impossible de savoir si les stocks seront suffisants à terme.

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