Coronavirus : à l'Ehpad de Mansle, le personnel choisit le confinement total pour protéger ses pensionnaires

Coronavirus : à l'Ehpad de Mansle, le personnel choisit le confinement total pour protéger ses pensionnaires
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PROTECTION - Pour protéger aux mieux les pensionnaires de leur Ehpad, les employés de l'établissement à Mansle, en Charente, a opté pour un confinement total d'une partie du personnel à l'intérieur de l'établissement, pour protéger les résidents.

Pour protéger ses pensionnaires, la moitié du personnel de l'Ehpad de Mansle, en Charente, se confine totalement... et volontairement. Une mesure prise le temps de "passer au travers de la crise", par précaution. L'idée du confinement de certains salariés avait été évoquée une première  fois à la mi-mars, puis elle a été arrêtée le week-end dernier. "On a la boule au ventre d'être contaminés, donc c'est presque un soulagement", assure aux caméras du JT de 20H de TF1 une employée de l'établissement qui abrite 59 personnes âgées.

"Notre objectif, c'est d'éviter tout contact avec l'extérieur. On espère comme ça se donner une chance de passer au travers de la crise", explique le directeur Pascal Ramirez, en précisant que la décision est "collective" et que "seuls les salariés volontaires vont rester".  "On voyait les Ehpad autour de nous tomber les uns après les autres, poursuit-il. On s'est dit qu'il fallait agir".

"Avec les pensionnaires, on plante des lauriers"

Les 18 volontaires sont aide-soignants, agents d'entretien, cuisiniers, responsables administratifs, détaille le quotidien La Charente Libre qui a révélé l'information. "Seuls ceux qui n'avaient pas les moyens d'organiser leur vie familiale autrement n'ont pas pu se rendre disponibles pour participer à cette aventure", explique Mathilde Buxeraud, ergothérapeute de 24 ans.

Selon Pascal Ramirez, "on s'est organisé avec nos conjoints, car forcément c'est un peu compliqué. Il y a une part de sacrifice, bien sûr, mais ce n'est  pas non plus la bataille de Stalingrad", dit-il, "et puis pour être honnête, on est en lien permanent avec nos familles, par téléphone, par internet".

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La mairie de Mansle a fourni des matelas récupérés à l'auberge de jeunesse, chacun a apporté ses draps, son duvet, sa couette et son oreiller. Les dortoirs ont été disposés dans la salle de réunion, la chapelle et la salle d'animation. "Les hommes d'un côté, les femmes de l'autre", dit la jeune femme qui évoque un côté "colonie de vacances. Il n'y a plus de notion de hiérarchie ou de grade. On en est au début, on verra bien comment on tiendra  psychologiquement". "Nous ne sommes pas constamment enfermés", ajoute l'ergothérapeute, "on a des espaces verts. En ce moment avec les pensionnaires, on plante des lauriers".

Les salariés restés à l'extérieur s'occupent des courses. "Ils les déposent devant la porte. On a récupéré ce matin notre dotation hebdomadaire de masques", dit le directeur. "Les livreurs ne rentrent pas non plus", assure-t-il à TF1. Du côté des résidents, les réactions sont ambivalentes. "D'un côté, ils sont contents et rassurés qu'on soit à leur côté, explique Pascal Ramirez. Mais en même temps, ils comprennent du coup que ça se passe vraiment mal à l'extérieur. Et ça fait remonter des angoisses, plein de souvenirs qui remontent, notamment de la Seconde guerre mondiale pour ceux qui l'ont connue", dit-il. Un confinement total de quelques jours : dans deux semaines, une autre équipe prendra la relève.

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