VIDÉO - Coronavirus : "la sur-réaction des politiques risque d'être plus grave que la maladie", alertent des médecins

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Santé

AVERTISSEMENT - Sur le plateau de Pascale de La Tour du Pin dans la Matinale de LCI ce vendredi, deux médecins urgentistes expliquent pourquoi il est important de ce pas céder à la psychose face à l'épidémie de coronavirus.

Emmanuel Macron l'a affirmé jeudi : l'épidémie de coronavirus sur le sol français est "inexorable". En attendant le passage au stade 3 dans une ou deux semaines, une question se pose : notre système hospitalier public peut-il encaisser le choc ? Pour en débattre sur son plateau de la Matinale de LCI, Pascale de La Tour du Pin recevait ce vendredi Philippe Juvin, chef du service des urgences de l'hôpital Georges-Pompidou à Paris, et Christophe Prudhomme, porte-parole de l'association des médecins urgentistes de France. Tous deux en ont profité pour conjointement lancer un appel au calme.

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"Il est prévisible qu'il y aura davantage de cas demain, et encore plus après-demain, et ce, pendant au moins plusieurs semaines. Malheureusement, comme c'est une maladie infectieuse, d'autres gens vont décéder, et on va s'organiser différemment, ce qu'on a déjà commencé à faire. Le stade 3 ne sera qu'une adaptation de plus pour notre organisation déjà bouleversée. Il faudrait donc commencer à relativiser les choses", embraye Philippe Juvin.

On est un certain nombre de médecins à penser que la sur-réaction des politiques risque d'être plus grave que la maladie- Christophe Prudhomme, porte-parole de l'association des médecins urgentistes de France

"On est un certain nombre de médecins à penser que la sur-réaction des politiques risque d'être plus grave que la maladie, poursuit Christophe Prudhomme. Tous les jours, on a huit à dix morts sur les routes. L'épidémie de grippe saisonnière en France, c'est 5.000 morts. Donc là avec ce virus, oui il y a des morts, mais avec le recul que l'on a, notamment sur les retours de Chine, on sait qu'il est relativement peu mortel et qu'il touche principalement les personnes âgées. Donc, qu'on prenne des mesures pour arrêter les visites dans les Ephad, les maisons de retraites, les structures pour personnes handicapées, oui, mais si on arrête l'économie, comme on en train de le faire à échelle mondiale, le système hospitalier ne va pas tenir !"

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Sur ce dernier point, Philippe Juvin donne un exemple concret : "Aujourd'hui, dans certains endroits, si vous faites un infarctus et que vous appelez les secours, vous allez devoir attendre au moins une heure avant d'avoir un médecin. Et là, vous êtes en vrai danger. Notre système est en train de basculer assez dangereusement vers une forme de désorganisation parce que vraiment, parfois, on en fait trop. Evidemment, on parle d'une maladie grave, mais le plus grand danger du coronavirus, c’est la désorganisation du système de soins. C'est devenu un vrai risque."

La grippe saisonnière, dans le monde, c'est de 350.000 à 700.000 morts par an. Et on ne donne pas le nombre de cas tous les jours- Christophe Prudhomme, porte-parole de l'association des médecins urgentistes de France

Comment, alors, faire face à l'épidémie ? "Le gouvernement ne doit pas arrêter de communiquer, mais il faudrait le faire en équilibrant les choses, en étant moins anxiogène, préconise Christophe Prudhomme. C'est un équilibre difficile à trouver, mais il faut quand même rappeler qu'à ce jour, 80% des symptômes sont bénins. Donc aujourd'hui, si vous avez de la fièvre, une toux, sans signe respiratoire, un simple coup de fil à votre médecin pour qu'il vous envoie votre arrêt de travail, ça suffit. En s'adaptant ainsi, on arriverait à ne pas surcharger le système, et à ne pas manquer de vrais patients. Il ne s'agit pas de négliger le phénomène épidémique, d'autant que nous n'avons pas de vaccin pour le coronavirus, mais je rappelle que la grippe saisonnière, dans le monde, c'est de 350.000 à 700.000 morts par an. Et on ne donne pas le nombre de cas tous les jours."

Quand des gens nous disent qu'ils ne veulent pas se rendre à leur travail parce qu'ils ont peur d'être infectés, c'est irrationnel- Philippe Juvin, chef du service des urgences de l'hôpital Georges-Pompidou à Paris

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Philippe Juvin donne un nouvel exemple concret : "Le confinement est efficace, mais on ne peut pas confiner des villes entières. Et quand des gens nous disent qu'ils ne veulent pas se rendre à leur travail parce qu'ils ont peur d'être infectés, c'est irrationnel. Il n'y a aucun risque à se rendre dans un milieu ordinaire si vous n'avez pas de symptômes. Et d'ailleurs, il est probable que pour les formes bénignes, une toux et de la fièvre, on ne va plus vous faire de test. D'abord parce que nos chaînes de test sont encombrées, mais surtout parce que ce n'est pas utile." Le message a le mérite d'être limpide : pas de panique !

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