"On a plus de tests que de demandes" : trop-plein après la pénurie dans les labos d'analyse

"On a plus de tests que de demandes" : trop-plein après la pénurie dans les labos d'analyse
Santé

CRISE SANITAIRE - Alors que les spécialistes observent un net recul de l'épidémie en France, le pays fait désormais face à un double paradoxe. Après avoir produit une nombre très important de masques, ceux-ci s'entassent dans les entrepôts. De leur côté les laboratoires, qui ont massivement investi, se retrouvent avec trop de tests...

Il s'agit là de quelques uns des paradoxes de la crise sanitaire du coronavirus. Lorsque la France manquait de masques, elle s'est mise à en produire en grande quantité et lorsque le territoire voulait tester en plus grand nombre, ce sont des problèmes d'ordre logistiques qui sont apparus : la pénurie de réactif. Aujourd'hui le pays est capable de fournir masques et tests sauf que l'épidémie recule. Alors elle se retrouve avec une surproduction de masques à écouler et un trop grand nombre de tests produits par les laboratoires. Et cette situation pose problème, car ils ont massivement investi pour répondre à la demande du gouvernement. Que faire de ces appareils ?

Avant le déconfinement, l'objectif du gouvernement était clair : la France devait être capable de produire 700.000 tests par semaine. Alors les laboratoires privés se sont équipés, ont investi dans des machines très perfectionnées, du réactif et des écouvillons pour près de 30 millions d’euros. Au plus fort de l'épidémie, des drives-tests étaient capables de faire une centaine de tests par jour sur des patients présentant des symptômes du coronavirus. Mais aujourd'hui, la tendance s'est inversée et certains centres de dépistage ne voient qu'un seul patient par jour. Certaines des machines achetées n'ont même jamais été mises en route et dorment parfois dans des entrepôts. 

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Que faire de ces machines et des réactifs achetés ?

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Pour le docteur Caroline Sebaoun-Gustmuth, médecin biologiste et directrice générale du laboratoire BioGroup, celui-ci tourne à 20% de ses capacités. "On a plus de tests que de demandes", dit-elle. Alors, tant dans les centres de test que dans les laboratoires, on ne sait plus que faire de tous ces tests. 

François Blanchecotte, Président du syndicat des biologistes, s'interroge sur la suite : "Que faire de ces appareils, en garder une partie ? Doit-on garder une partie des réactifs pour faire face à une seconde vague à la fin de l'automne ou cet hiver, et d'autre part, voir si on peut les proposer à d'autres pays pour les vendre ?" Un retour sur investissement guère payant pour les laboratoires qui, comme dans de nombreux secteurs, payent le prix du confinement avec parfois, 45% de baisse de leur chiffres d'affaires. 

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