VIDÉO - Pourrait-on être reconfiné en cas de deuxième vague en France ?

Les autorités se préparent à une possible seconde vague dès cet été. Le Premier ministre Jean Castex a cependant assuré qu’il n’y aurait pas de "reconfinement absolu et général" mais de façon plus "ciblée".
Santé

PANDÉMIE - Les autorités se préparent à une possible seconde vague dès cet été. Le Premier ministre Jean Castex a cependant assuré qu’il n’y aurait pas de "reconfinement absolu et général" mais de façon plus "ciblée".

C'est l'été, les vacances, le temps de l'insouciance. Oui, mais voilà : la menace du nouveau coronavirus (Covid-19) plane toujours. Et le risque d'une deuxième vague épidémique, dans les mois voire les semaines à venir, est loin d'être écarté. C'est en tout cas le message que martèlent autorités et professionnels de santé depuis quelques jours. "Il faut se préparer à une reprise de l'épidémie [de Covid-19], voire à une deuxième vague", a insisté ce mercredi 8 juillet le directeur général de la Santé, Jérôme Salomon, dans un entretien accordé au journal Le Figaro

Depuis la levée progressive du confinement le 11 mai, les indicateurs sont au vert en métropole : sur "près de 300.000 tests par semaine", seuls 0,94% étaient positifs pour la semaine du 22 juin, hors Guyane où l'épidémie s'accélère, selon le Pr Salomon. Pour autant, il faut "anticiper un rebond épidémique cet automne ou cet hiver" car le "virus [...] circule toujours", a prévenu Jérôme Salomon, tout en appelant au respect des mesures barrières pour l'éviter, y compris à la plage.

On ne supporterait pas, économiquement et socialement, un reconfinement absolu et général.- Le Premier ministre Jean Castex

"Il a toujours été dit, prévu et envisagé qu'il convenait de se préparer à une deuxième vague", a de son côté déclaré sur BFMTV le nouveau Premier ministre, Jean Castex, chargé de préparer le déconfinement avant son arrivée à Matignon. Faut-il comprendre qu'un plan de reconfinement est déjà dans les cartons ? "Oui", a rétorqué le chef du gouvernement. "Sauf qu'on ne va pas faire un éventuel reconfinement comme nous avions fait celui du mois de mars" car "on ne supporterait pas, économiquement et socialement, un reconfinement absolu et général", a-t-il aussitôt précisé.

S'il s'avérait nécessaire de reconfiner, il faudrait donc le faire de façon "ciblée", a indiqué le Premier ministre, qui se rendra dimanche en Guyane, dernier département avec Mayotte encore placé en vigilance orange sur la carte du déconfienement. A
noter que plusieurs pays, comme l'Espagne, l'Allemagne ou l'Australie, ont récemment dû imposer des reconfinements localisés dans des villes ou des régions où le nombre de cas augmentait de façon anormale. 

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L'exemple de l'Espagne est "vraiment un signal d'alerte pour nous" et "ça peut tout à fait nous arriver cet été", a fait valoir mardi au micro de France Inter l'épidémiologiste Arnaud Fontanet. "On avait besoin de recommencer à vivre, on a eu des événements festifs (comme la Fête de la musique, ndlr) qui traduisent ce besoin, je le comprends parfaitement, mais maintenant il faut peut-être qu'on se ressaisisse un petit peu", prévient ce membre du Conseil scientifique chargé de guider le gouvernement. 

A entendre ce grand spécialiste, ce sont les rassemblements publics qui posent problème. "Si vous avez, au milieu d'un de ces grands rassemblements, surtout si c'est en intérieur, un 'super-contaminateur', vous pouvez avoir des dizaines, voire des centaines de cas dans les jours qui suivent", avertit le Pr Arnaud Fontanet.

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Chef du service des maladies infectieuses à la Pitié-Salpêtrière à Paris, Eric Caumes est encore plus catégorique : "Je crains une seconde vague dès cet été", a-t-il déclaré mardi dans le journal Le Parisien/Aujourd'hui en France. "On traite le virus avec mépris, on se fera rattraper", a-t-il tancé, en demandant un meilleur contrôle des voyageurs qui arrivent de l'étranger

D'autres médecins, bien que minoritaires, mettent en garde contre un excès d'alarmisme : "Notre hypothèse est que les régions déjà frappées de plein fouet sont à l'abri d'une deuxième vilaine vague", a déclaré sur Twitter Yonathan Freund, professeur de médecine d'urgence à la Pitié-Salpêtrière, sur cette ligne depuis plusieurs semaines.

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