Signes de recrudescence du Covid-19 : une situation comparable à celle de janvier-février ?

Signes de recrudescence du Covid-19 : une situation comparable à celle de janvier-février ?

CORONAVIRUS - L'épidémie de Covid-19 donne des signes de reprise dans plusieurs régions de France. On reste toutefois bien loin de la situation de mars. Pour certains spécialistes, on se rapproche plutôt de celle du début d'année.

Depuis plusieurs jours, la crainte d'une deuxième vague en France amène les autorités à durcir les mesures anti-Covid. Ainsi, le port du masque devient obligatoire dans tous les établissements clos recevant du public, "en particulier les commerces", à partir de la semaine prochaine. Et dans le département de la Mayenne (ouest) qui compte plusieurs foyers, le port du masque est obligatoire depuis ce jeudi dans les lieux publics clos de six communes, dont la préfecture de Laval.

Car même si les voyants sont toujours au vert, en terme de réanimation, les signes d'une légère augmentation des cas commencent à poindre chez les médecins de ville, et dans certains hôpitaux parisiens. De quoi relancer une certaine inquiétude. Pour autant, si l'on remonte le fil de cette épidémie, la situation actuelle serait plus proche de celle du début de l'année que de celle du mois de mars, quand elle tendait à devenir hors de contrôle.

Toute l'info sur

Coronavirus : la pandémie qui bouleverse la planète

Les dernières infos sur l'épidémieA quel stade en est l'épidémie, département par département ?

Lire aussi

Ni masques, ni tests à l'époque

Petit retour en arrière... Alors que le 23 janvier, les trois premiers cas officiels d'infection par le nouveau coronavirus sont identifiés à Bordeaux et à Paris, la recherche des cas contacts commence à se déployer. Et un premier cluster va permettre de passer aux travaux pratiques. Le 7 février, le ministère de la Santé informe en effet que cinq nouveaux cas de coronavirus, 4 adultes et 1 enfant, dans l’entourage proche d’un ressortissant britannique ayant séjourné à Singapour, sont confirmés dans la commune des Contamines-Montjoie (Haute-Savoie). C'est le début d'un long travail de traçage, comme celui qui est entrepris actuellement par les agences régionales de santé.

Le 15 février, la France compte désormais 11 cas confirmés de coronavirus. Et son premier décès - le premier en Europe - un touriste chinois, originaire de la province de Hubeï. Puis, début mars, l'épidémie connait une brusque accélération dans l'Hexagone, passant de 200 cas le 3 mars à plus de 1.700 le 10 mars. Douze régions sont impactées, dont certaines avec plusieurs foyers de cas groupés, notamment celui de Mulhouse après un rassemblement évangélique, qui mettra le feu aux poudres.

A cette époque, le port du masque est à peine conseillé, tandis que les tests par PCR sont encore à l'état de balbutiement et commencent à peine à être déployés dans plusieurs dizaines de sites hospitaliers sur l'ensemble du territoire. Le 17 mars, date du début du confinement, "l'épidémie progresse vite, avec des zones de circulation virale, rapide et intense", selon les mots du directeur général de la Santé Jérome Salomon, lors de son point quotidien. 7730 cas sont alors confirmés par les tests PCR, avec 2579 personnes hospitalisées, dont 679 en réanimation. Un nombre de cas qui double tous les trois jours.

Lire aussi

"C'est normal que l'on voit ces signaux puisqu'on les surveille"

L'activité épidémique pourrait-elle dégénérer de la même façon aujourd'hui, laissant craindre une deuxième vague ? Pour Dominique Costagliola, directrice adjointe de l'Institut Pierre-Louis d'Épidémiologie et de Santé Publique, il ne faut pas avoir peur des signaux actuels. "Probablement qu'en janvier-février, on était déjà dans cette situation dans un certain nombre de régions, mais simplement, à l'époque, on ne savait pas que les gens pouvaient transmettre le virus en étant asymptomatiques. Par ailleurs, on ne faisait pas encore les tests de dépistage, d'ailleurs ils n'étaient même pas encore en place en janvier. C'est normal finalement que l'on voit ces signaux puisqu'on les surveille", souligne-t-elle dans la vidéo du  13H de TF1 en tête de cet article. 

Car grâce aux dépistages massifs, on peut désormais détecter très vite les foyers : aujourd'hui, selon le ministère de la Santé, on dénombre 184 foyers actifs (497 cas groupés, y compris ceux détectés en Ehpad, depuis le 9 mai, mais 313 clôturés). SOS médecins a par ailleurs réalisé 507 interventions pour suspicion de Covid-19, soit 6% de l’activité totale. Et les services d’urgence ont noté 248 passages pour ce même motif, soit 0,6 % de l’activité totale. Quatre régions sont particulièrement sous surveillance, dont la Bretagne depuis quelques jours, confirme l'Agence régionale de santé. 110 cas y ont été détectés au lieu de 30 la semaine précédente. Et le R0, qui indique la propagation du virus, a grimpé à 2,62 (le seuil d'alerte étant fixé à 1). 

Mais selon l'ARS, il n'y pas une explosion des cas mais plutôt des contaminations groupées, avec une circulation plus active dans le Finistère et l'Ille-et-Vilaine. Ce qui a poussé le préfet du Finistère a rendre obligatoire le port du masque dès le 16 juillet sur certains marchés et dans les établissements clos des îles recevant "un afflux important de population pendant la période estivale", en attendant la généralisation de la mesure en début de semaine prochaine. La Nouvelle Aquitaine connaît aussi une même accélération avec désormais 10 clusters, la plupart étant liés à des mariages ou des rassemblements familiaux. 

Lire aussi

Même si cette activité épidémique ne fait pas peser pour l'heure une lourde pression dans les hôpitaux, ces augmentations invitent tout de même à la plus grande vigilance. Avec une différence de taille par rapport au mois de mars : le port du masque généralisé à l'ensemble de la population, et rendu obligatoire dans les lieux clos dès lundi prochain. Selon Jean-François Mattéi, le président du conseil d'administration de l'Académie nationale de médecine et ancien ministre de la Santé, "80% des Français doivent en porter pour que le taux de contamination, le fameux R0, descende au-dessous de 1". Sans quoi, "l'apparition d'une deuxième vague est plus qu'inévitable", estimait-il le 13 juillet sur France Info.

De son côté, Emmanuel Macron annonçait le lendemain, lors de son allocution du 14 juillet, que "la France est prête à faire face à une seconde vague" : "Nous avons les bons stocks (de masque, de gel hydroalcoolique, de médicaments) pour faire face à une recrudescence de l'épidémie, si elle était là".

Sur le même sujet

Les articles les plus lus

EN DIRECT - Israël/Palestine : Biden s'est entretenu avec Netanyahu puis Abbas

Val-de-Marne : une adolescente de 17 ans tuée à coups de couteau, le suspect arrêté

EN DIRECT - Cévennes : après sa reddition, Valentin Marcone "était dans une volonté de dialogue"

VIDÉO - "Une femme libérée et de pouvoir" : Amandine Petit a défilé en Marianne à Miss Univers

EN DIRECT - Covid-19 : la pression hospitalière toujours à la baisse, moins de 4300 patients en réa

Lire et commenter

LE SAVIEZ-VOUS ?

Logo LCI défend l'ambition d'une information gratuite, vérifiée et accessible à tous grace aux revenus de la publicité .

Pour nous aider à maintenir ce service gratuit vous pouvez "modifier votre choix" et accepter tous les cookies. > En savoir plus.