Comment le transfert de patients Covid s'organise-t-il entre pays européens ?

Le transfert transfrontalier de patients covid pour pallier le manque de place

COOPÉRATION- L'Allemagne, le Luxembourg ou encore la Suisse accueillent des patients Covid français dans leurs hôpitaux. Si ces transferts devraient être moins importants que lors de la première vague, ils restent une solution pour désengorger les services de réanimation saturés. Explication.

C’est au tour de l’hôpital de Roubaix de faire appel à son voisin allemand. Philippe, l'un de ses patients atteints du Covid-19 et en réanimation depuis huit jours, n'aura aucun souvenir de ce qu'il va vivre dans les prochaines heures, ce mardi 10 novembre. Plongé dans un coma artificiel, cet homme de 63 ans va être héliporté vers un établissement de santé outre-Rhin. Il s’agit du quatrième malade nordiste à être transféré en Allemagne. La région des Hauts-de-France n’est pas la seule à être débordée. Début novembre, quatre autres patients issus de la Moselle, ont été accueillis dans les hôpitaux de Sarrebruck et Volklingen, dans le Land de Sarre, proche de la frontière française. Comme un air de déjà-vu. 

Lors de la première vague du Covid-19, la France avait bénéficié de 160 évacuations sanitaires vers l’Allemagne, la Suisse, le Luxembourg et l’Autriche. "Au printemps, l’Allemagne avait soigné 150 patients français du Grand-Est", constate Henri Lewalle, coordinateur de l’Observatoire européen de la santé transfrontalière. En avril, Berlin avait d’ailleurs annoncé prendre en charge le coût des soins des patients européens transférés sur son sol et ayant besoin d’une assistance respiratoire. Un coût qui devait atteindre près de 20 millions d’euros. Mais la France peine à lui rendre la pareille puisqu'elle n'a accueilli aucun patient européen dans ses hôpitaux, selon le spécialiste Henri Lewalle.

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Qui décide de ces transferts ? "Le chef de service d’un hôpital informe son supérieur que son service est saturé. Ce dernier contacte l’Agence régionale de santé (ARS) qui s’entretient avec son homologue étranger pour fixer les modalités du transfert", détaille le spécialiste. Les décisions de transferts sont ainsi prises à l’échelle étatique, aucun dispositif n’est prévu à l’échelle européenne. "Il n’y a aucune règle régissant ces transferts. Ils peuvent être réalisés dans tous les pays pourvu qu’il y ait un accord", continue Henri Lewalle. Au moment de la première vague, l’Union européenne avait toutefois publié un communiqué, le 3 avril, incitant les pays à coopérer pour répondre à  la crise du Covid-19.

Quelques mois plus tard, l'Union européenne décidait de mettre de l'argent sur la table. Fin octobre, Bruxelles a ainsi annoncé le déblocage de 220 millions d’euros pour financer la coopération transfrontalière. Le projet d'une d’une plateforme a également été lancé pour mieux identifier les pays où l’accueil des patients est possible. Selon la présidente de la Commission européenne, Ursula Von der Leyn, l’objectif sera d'y partager "des données exactes et en temps réel". Une avancée importante selon Henri Lewalle qui explique que "pour l'instant, il n'existe aucune liste pour savoir quels hôpitaux européens sont disponibles pour accueillir de nouveaux patients."

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