Fatigue pandémique : quel est ce syndrome qui inquiète l’OMS ?

Beaucoup aimeraient pouvoir effacer l'année 2020 d'un seul coup d'éponge. Ce lundi matin, on a posé la question dans le Nord: avez-vous le moral ?

EFFETS - Alors que coronavirus frappe la planète depuis plus d'un an, l'Organisation mondiale de la santé alerte sur un syndrome qui touche notamment les jeunes : la fatigue pandémique.

C’est un syndrome qui inquiète fortement les experts de l'Organisation mondiale de la santé. Dans un rapport publié en octobre dernier, l’OMS mettait en lumière un autre aspect préoccupant de la pandémie de Covid-19, à savoir la fatigue pandémique. Dans ce document appelé "Lassitude face à la pandémie. Remotiver la population pour prévenir le Covid-19", l’organisation explique que ce syndrome est "une réponse naturelle et attendue à une crise de santé publique prolongée".

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Une fatigue marquée par un "sentiment de détresse" et accentuée par les "mesures restrictives ayant un impact sans précédent sur la vie quotidienne de chacun". Toujours selon l’OMS, cette lassitude s’expliquerait par le manque de vie sociale et l’absence de perspective de sortie de crise, notamment dans la deuxième moitié de l’année 2020, mais surtout par les mesures restrictives comme le couvre-feu et le confinement, au-delà de la peur de la maladie en elle-même.

Les jeunes parmi les plus touchés

Abdel Boudoukha, professeur en psychologie clinique et pathologique à l'université de Nantes, explique à France Info que les jeunes sont en première ligne : "Les jeunes sont très touchés par cette fatigue pandémique car ce sont ceux qui vivent cette restriction des libertés de la façon la plus frustrante. Ce sont des personnes qui ne sont pas encore insérées dans le monde professionnel."

Outre le danger qui guette la population, l’OMS alerte sur le fait qu’à terme, cette fatigue pandémique pourrait engendrer une baisse de la vigilance et un rejet des mesures sanitaires adoptées dans la majorité des pays du monde. Une désobéissance qui pourrait avoir des conséquences graves sur la situation épidémiologique de chaque pays. À travers l’Europe, des mouvements de contestation des mesures restrictives ont émergé ces derniers mois, notamment au Danemark ou encore aux Pays-Bas, où des émeutes ont éclaté après l’instauration du couvre-feu.

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Des mesures moins respectées en France

En France, cela s'est traduit notamment par une adoption en baisse "des mesures en lien avec la limitation de l’interaction sociale", selon l’enquête CoviPrev. Selon le bulletin épidémiologique de Santé Publique France publié jeudi, "la santé mentale des personnes interrogées reste dégradée, avec un maintien à des niveaux élevés des états dépressifs, des états anxieux et des troubles du sommeil".

Dans son document, l’OMS indique que "les gouvernements ont la possibilité d'atténuer les effets néfastes de ces mesures grâce à une planification, une mise en œuvre et une communication minutieuses et grâce à des mesures et politiques de protection sociale supplémentaires pour garantir que personne ne soit laissé pour compte". L’agence onusienne met aussi l’accent sur l’identification des groupes de population prioritaires, "ceux qui montrent des signes de démotivation".

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