"On a tous la boule au ventre" : pour les jeunes soignants, la lutte contre l'épidémie est une véritable épreuve

"On a tous la boule au ventre" : pour les jeunes soignants, la lutte contre l'épidémie est une véritable épreuve
Santé

RECIT - Parmi les soignants qui se battent contre le coronavirus, les plus jeunes vivent une épreuve professionnelle et personnelle extrêmement difficile. Quel est leur état d'esprit en ce moment ? Trois d'entre eux ont accepté de témoigner.

Ils sont chef des unités dédiées aux malades infectés, infirmier en réanimation chirurgicale ou encore médecin auprès des cas les plus graves. Etant en contact avec les patients les plus sévères, ils savent qu'ils mettent également leur vie en danger. Comment tiennent-ils le coup, face à la fatigue et à la question de la mort qui se pose désormais quotidiennement. Trois d'entre eux se sont confiés dans le 13H de TF1.

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Le Dr. Céline Labeyrie, neurologue et médecin en charge d'une unité Covid-19, essaie de sourire malgré tout mais "l'épuisement est énorme". "C'est un marathon, un vrai", lance-t-elle. Simon Vasseur, infirmier en réanimation chirurgicale, explique le ton grave la situation exceptionnelle qu'il vit. "On a l'impression d'être au front, on est au contact des patients les plus sévères, tout en étant conscient qu'on se met aussi nous-mêmes en danger", analyse-t-il.

Le Dr. Camille Legouy, médecin en service de réanimation à Paris, explique, quant à elle, qu'elle reçoit beaucoup de messages de ses proches, inquiets, qui lui demandent si elle va bien, si elle n'a pas encore de symptômes. Pourtant, avec leur blouse, ces jeunes soignants paraissent solides. Mais, eux aussi doutent et ont peur. 

"Je pense qu'on a tous un peu la boule au ventre en arrivant. La boule au ventre, ce n'est pas la peur de la maladie, c'est en fait la peur de pas bien faire. Et l'envie de faire ça le mieux possible pour gérer cette crise", reconnaît Céline. "Psychologiquement c'est très difficile parce qu'on a des patients qui trois jours avant allaient bien, n'étaient pas malades", ajoute Camille.

"C'est de la vocation à l'état pur"

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Ces trois témoins d'une guerre invisible, qui se joue en ce moment dans le monde entier, ont pris quelques minutes entre deux gardes, ou lors de leurs rares pauses, pour raconter leur quotidien, et la seule question qu'on a envie de leur poser, c'est simplement : "Comment allez-vous ?" Car on le sait, ces derniers passent 12,13, 14 heures par jour à l'hôpital, et pourtant quand arrive le moment de partir, ils ont parfois du mal à décrocher. 

"Quand on rentre à la maison, on essaie de se dire qu'on a fait tout ce qu'on pouvait, que dans tous les cas, si on n'avait pas été là, il n'y aurait personne pour le faire à notre place", explique Simon. Sa collègue admet de son côté que "c'est de la vocation à l'état pur". "On dédie ce moment de notre vie uniquement à ça", dit-elle. 

Ils pensent aussi évidemment au futur quand tout ça sera fini. Cette épidémie aura-t-elle changé quelque chose ? "Là tout le monde se rend compte de l'importance de notre métier, mais nous c'est quelque chose qu'on fait toute l'année, et quotidiennement. C'est-à-dire qu"on est confronté à ce genre de chose tout le temps", affirme l'infirmier. Le Dr. Labeyrie le sait : "Il y aura un avant et un après". Elle conclut par ces mots : "Je pense que quand ce sera terminé, on va goûter la vie encore plus fort". En attendant, les semaines à venir vont certainement être encore très dures et éprouvantes.

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