Vaccination : les pharmaciens entrent dans la danse, mais dans quelles conditions ?

Vaccination : les pharmaciens entrent dans la danse, mais dans quelles conditions ?

COVID-19 - Selon un décret paru ce vendredi au Journal officiel, les pharmaciens sont désormais autorisés, de même que les sage-femmes et les infirmiers, à prescrire et injecter les vaccins contre le Covid-19. Sans ordonnance mais sur rendez-vous.

Un coup d'envoi à ne pas rater pour les pharmaciens. Le Premier ministre Jean Castex et le ministre de la Santé Olivier Véran ont annoncé jeudi soir que ces professionnels pourront commencer à administrer des doses de vaccins anti-Covid dans leurs officines dans une dizaine de jours. "La puissance du maillage des pharmacies en France devrait permettre d'accélérer la vaccination, selon la présidente du Conseil national de l'Ordre des pharmaciens Carine Wolf-Thal auprès de LCI. La plupart d'entre elles y sont favorables et s'y préparent depuis un moment." 

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Covid-19 : le défi de la vaccination

Jusqu'ici, les pharmaciens ne faisaient que réceptionner des doses pour les médecins généralistes. Mais désormais, ils ne se cantonneront plus uniquement au défi logistique. "Les pharmacies sont prêtes, mais il faut avoir (suffisamment) de vaccins, s'inquiète le pharmacien Yorick Berger. Et puis, il faut qu'on sache qui vacciner,  et comment. Le décret va peut-être sortir mais d'un point de vue administratif, c'est toujours un peu plus long". 

Le décret en question a finalement été publié dès ce vendredi au Journal Officiel. Si la vaccination reste réservée en priorité aux personnes de plus de 75 ans, de plus de 50 ans souffrant de comorbidités et aux adultes à très haut risque,  il prévoit que les pharmaciens peuvent "prescrire les vaccins (..) à toute personne", sauf à celles "présentant un trouble de l'hémostase" et aux femmes enceintes (ces dernières doivent passer par les sages-femmes). Ces professionnels de santé peuvent aussi "administrer les vaccins (...) à toute personne", sauf à celles "ayant des antécédents de réaction anaphylactique", soit à "un des composants de ces vaccins", soit "lors de la première injection". Ces mesures entrent "en vigueur immédiatement", précise le décret.

Un renfort dans la campagne de vaccination très attendu au regard des objectifs croissants - comme l'indique l'infographie ci-dessous - fixés par le calendrier vaccinal du gouvernement. Carine Wolf-Thal l'assure : "Cela nécessite une vraie organisation, mais nous avons déjà montré que nous en étions capables lors des campagnes de vaccination contre les grippes et lors des campagnes de dépistage du Covid-19".

760.000 doses livrées dans les officines

Aucune ordonnance ne sera demandée pour les personnes déjà autorisées à se faire vacciner. Néanmoins, elles devront prendre un rendez-vous au préalable pour éviter les files d'attente. Dès la semaine prochaine, cette démarche sera possible par téléphone ou sur une nouvelle application nommée Ordolic, pendant que les officines recevront 760.000 doses au total.

En attendant ces arrivages, certains grossistes chargés d'alimenter les officines se préparent également à relever cette nouvelle étape de la vaccination. "Nous avons réservé des espaces de stockage supplémentaires pour accompagner la montée des volumes", affirme Hubert Olivier, le président d'OCP (distributeur pharmaceutique et des services de santé).

Ces volumes vont augmenter crescendo dans les semaines à venir. Près de 10 millions de doses de vaccins (4 millions Pfizer/BioNTech, 1 million Moderna, 5 millions AstraZeneca) s'apprêtent à être livrées sur le sol français en mars, soit le double des doses reçues en février. De nouveaux vaccins devraient également participer à l'accélération de la campagne anti-Covid. Alors que le quatrième vaccin Janssen va bientôt être approuvé par l'Agence européenne de médicaments, l'Europe commence à examiner le vaccin russe Sputnik V, prêt à fournir 50 millions de doses aux Européens d'ici juin prochain. 

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Les médecins aussi vont devoir monter en puissance malgré des difficultés similaires d'approvisionnement. "Il y a une incertitude sur les dates de livraison et sur les quantités qui seront reçues", explique Yohan Saynac, médecin généraliste à Pantin."Même dans deux semaines, je ne sais pas combien de doses je vais recevoir, ni à quelle date je vais les réceptionner". 

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