Covid-19 : des commerçants de Seine-Saint-Denis transformés en "ambassadeurs" de la vaccination

Covid-19 : des commerçants de Seine-Saint-Denis transformés en "ambassadeurs" de la vaccination

CRISE SANITAIRE - La ville de Saint-Denis fait appel à des restaurateurs ou boulangers pour répondre aux interrogations de la population sur le sérum contre le Covid-19. L'objectif ? Dissiper les doutes des habitants.

Ils sont reconnaissables à leur badge violet bien épinglé à leur manteau. Commerçants, restaurateurs ou boulangers... Ils n'ont qu'une seule mission depuis quelques jours : échanger sur la vaccination avec les habitants et tenter de convaincre les plus réticents. Ces derniers jours, la ville de Saint-Denis a décidé de déployer une trentaine d'"ambassadeurs" sur le territoire. L'objectif ? Aider les citoyens à faire le tri entre les données fiables et les fausses informations concernant le sérum contre le Covid-19.

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Covid-19 : le défi de la vaccination

Alors que les Français sont de plus en plus favorables à la vaccination, il reste encore quelques citoyens réticents à l'idée de recevoir la première dose du précieux antidote. "Je n'aime pas trop les vaccins. La dernière fois, c'était contre la grippe et je n'ai jamais été autant malade", assure un client dans une boulangerie. L'initiative vise surtout les 7000 habitants qui ont plus de 75 ans et qui sont coupés des canaux traditionnels d'informations. Comment cette opération va s'organiser ? D'ici le printemps, le département de la Seine-Saint-Denis prévoit de recruter 300 ambassadeurs du vaccin. 

Si ces bénévoles choisissent de se lancer dans cette initiative, c'est parce qu'ils sont convaincus que la vaccination est l'affaire de tous." Les gens sont en train de se poser des questions car ils ont peur du résultat. Mais si on veut faire avancer les choses, il faut que tout le monde mette la main à la pâte", affirme Ismaël Kara, patron d'une boulangerie à Saint-Denis. Quelles conditions étaient requises pour devenir ambassadeur ? Être disponible deux jours pour suivre une formation et pouvoir se mobiliser ponctuellement sur des actions de sensibilisation menées par le conseil départemental. Ils ont été tirés au sort le 7 février. 

Jouer sur la proximité

À travers cette opération, le maire (PS) de Saint-Denis Mathieu Hanotin joue la carte de la proximité avec les habitants. Conscient que les discours venant des experts ou encore des élus a perdu de son impact. "Si c'est une personne du quotidien qui vous dit d'aller vous faire vacciner, ça n'a pas la même force ou le même poids", déclare l'élu. 

Mais pour établir ce dialogue avec les Dionysiens, encore faut-il savoir de quoi on parle. La semaine dernière, des bénévoles ont assisté à des réunions d'information avec des médecins dont le professeur Jean-Daniel Lelièvre, chef du service des maladies infectieuses à l'hôpital Henri-Mondor de Créteil (Val-de-Marne). Les ambassadeurs sont repartis de cette conférence avec de nombreux écrits pédagogiques sous le bras. 

Relayer les bons messages avec les bons mots- Stéphane Troussel, président (PS) du Conseil départemental de Seine-Saint-Denis

L'autre but de cette opération est d'accompagner les personnes isolées qui ne peuvent pas prendre rendez-vous pour aller se vacciner. "L'argument est simple, il faut se protéger et protéger les autres. La seule solution, ce sont les deux vaccins", affirme un restaurateur. Selon la Ville de Saint-Denis, les individus les plus hésitants sur la vaccination sont les jeunes et les personnes issues des milieux défavorisés. Dans cette commune de 100.000 habitants, 26% des habitants vivent sous le seuil de pauvreté (12 points de plus que la moyenne nationale). 

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Au 1er février, un peu plus de 20.000 personnes avaient reçu une première dose de vaccin contre le Covid-19 en Seine-Saint-Denis. Soit 1,2% de la population. Il s'agit du département le moins vacciné de France métropolitaine. Pour rappel, il s'agit du département francilien le plus touché par la surmortalité liée au coronavirus. Pour éviter de connaître une situation similaire à celle du premier confinement; où les établissements de la région était saturée, les autorités locales misent tout sur la campagne de vaccination. "Il s'agit de relayer les bons messages avec les bons mots", conclut Stéphane Troussel, président (PS) du Conseil départemental de Seine-Saint-Denis.

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