"Désobéissance civile" : l'action (moins choc que prévu) d'un restaurateur du Doubs

Dans le Doubs, un restaurateur tient à interpeller les pouvoirs publics sur la situation économique du secteur. Pour le soutenir, plusieurs personnes sont venues de tout le pays.

CRISE SANITAIRE - Il avait appelé ses collègues à rouvrir leurs établissements et avait promis de faire de même. Stéphane Turillon, restaurateur dans le Doubs, a finalement été découragé de mener son action ce lundi, mais les clients qui ont répondu à son appel n'ont pas fait le déplacement pour rien.

Les portes de La Source Bleue à Cusance, dans le Doubs, resteront closes. Face aux gendarmes postés aux alentours, le restaurateur militant Stéphane Turillon, qui avait annoncé qu'il rouvrirait son établissement ce lundi 1er février, a fait marche arrière en le laissant finalement fermé. Sur place, le général Gauffeny, patron des gendarmes de Franche-Comté, a annoncé qu'il évacuerait quoi qu'il arrive toute personne entrant dans le restaurant. Les quelque 150 clients qui s'étaient déplacés ont donc été obligés de déguster leur repas gratuit à l'extérieur, dans des tentes, sous le regard des forces de l'ordre. 

Il y a quelques jours, le professionnel avait annoncé l'ouverture "quoi qu'il en coûte" de son restaurant. À travers cette action, il souhaitait ""interpeller les autorités publiques" sur la situation "intenable" des restaurateurs durement touchés par la crise sanitaire. Stéphane Turillon avait aussi appelé ses collègues à le suivre dans ce mouvement de désobéissance civile. "Je rappelle qu'il y a une fronde qui est en train de monter dans la population", s'insurge le professionnel militant dans le reportage de TF1 en tête de cet article. 

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Pendant plusieurs jours, le restaurateur avait martelé qu'il ouvrirait malgré les menaces de sanctions. Mais les avertissements du ministre de l'Economie, Bruno Le Maire, ont changé la donne. Ce dernier a été ferme lundi matin sur RTL : les restaurateurs ouvrant leurs portes ce lundi seraient privés de l'accès au fonds de solidarité, cette aide financière étant suspendue pendant un mois avant d'être définitivement supprimée en cas de récidive. Sur le plan légal, le restaurateur risquait trois ans de prison, 60.000 euros d'amende et jusqu'à six mois de fermeture.

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Mais la fête est loin d'avoir été gâchée à en croire les personnes sur place, venues afficher leur soutien aux restaurateurs. "Je les soutiens car ils vont mourir. J'ai pris une journée de congé pour être là", a assuré une femme ayant fait une heure de route pour être présente. Dans la foule clairsemée, on pouvait croiser quelques restaurateurs partageant les mêmes craintes que Stéphane Turillon. "C'est un soutien moral et psychologique, on est tous une grande famille dans la restauration", a déclaré un restaurateur d'Annecy face aux caméras de TF1. 

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