Le variant sud-africain est-il plus dangereux ? Ce qu’en dit la chercheuse qui l’a découvert

Le variant sud-africain est-il plus dangereux ? Ce qu’en dit la chercheuse qui l’a découvert

EXPLICATIONS - Depuis quelques semaines, des variants ont été découverts en Grande-Bretagne ou encore en Afrique du Sud. Houriiyah Tegally, bio-informaticienne en virologie, explique à TF1 comment le variant sud-africain a été découvert et ses caractéristiques.

Alors que la pandémie du Covid-19 sévit dans le monde entier depuis maintenant un an, de nouvelles formes sont apparues en début d’année, comme le variant britannique ou encore le variant sud-africain. Houriiyah Tegally, bio-informaticienne en virologie, fait partie de l’équipe de recherche KwaZulu-Natal Research Innovation and Sequencing Platform (KRISP) qui a découvert la nouvelle souche en Afrique du Sud.

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Contactée par TF1, la scientifique explique comment ce variant sud-africain a été découvert : "On a fait ce qu’on appelle de la surveillance génomique en Afrique du Sud, depuis le début de la pandémie. Toutes les semaines, nous faisons du séquençage sur un nombre de virus venant de patients. En octobre dernier, on a commencé à voir dans la province du Eastern Cape (en Afrique du Sud, ndlr) des cas où les séquences génétiques étaient un peu différentes."

"En y regardant de plus près, on a vu des mutations inquiétantes. C’est là qu’on a découvert qu’il s’agissait d’un variant différent, avec six ou sept mutations sur la protéine Spike, qui est responsable de l’infection chez l’humain et est importante pour la réaction immunitaire. Depuis le début de la pandémie, on ne voyait qu’une seule mutation importante sur cette protéine. Là, on en a vu plusieurs", ajoute Houriiyah Tegally.

Plus contagieux mais pas plus dangereux ?

Avec ces nouvelles mutations, l’équipe de recherche du KRISP a tout de suite craint une transmission plus accrue chez l’humain ou encore un changement dans la réaction immunitaire. Finalement, seule une plus haute contagiosité a été détectée. "Ce variant est très contagieux, des études à son sujet ainsi que nos données collectées en Afrique du Sud montrent que cela augmente la contagiosité de cette variante. En revanche, il ne semble pas plus dangereux", poursuit la bio-informaticienne en virologie.

Pour le moment, le degré de contagiosité du variant sud-africain est encore inconnu, mais d’après le KRISP, le virus serait présent sous cette forme dans 80-90% des cas de la province sud-africaine d’Eastern Cape. Houriiyah Tegally précise également que des réinfections au Covid-19 sont "très probables avec ce variant" et que le système immunitaire naturel rencontre plus de difficultés pour le combattre.

Légende : Houriiyah Tegally (en photo) fait partie de l’équipe de recherche KRISP qui a découvert le variant sud-africain

Quid des vaccins ?

Néanmoins, aucune autre spécificité n’a été détectée : "Nous n’avons pas vu d’autres spécificités en termes de symptômes et de personnes infectées, on suppose que cela sera la même chose qu’avant. Nous saurons cela plus tard quand l’épidémie évoluera." De plus, l’efficacité des vaccins ne devrait pas être altérée par ces variants selon la bio-informaticienne : "Les vaccins ont un plus grand répertoire d’actions que le système immunitaire naturel donc on pense que les vaccins vont marcher, on regardera les données mais tout porte à le croire."

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Malgré tout, cette dernière tient à avertir sur le fait que le virus ne devrait pas en rester là : "C’est inévitable, ce virus va continuer à évoluer, comme la grippe. Il faudra donc également adapter régulièrement les vaccins contre le Covid-19. Nous sommes habitués à le faire mais le problème ici est que la transmission est très forte dans le monde. Vacciner tout le monde est un gros effort, mais une fois que tout le monde le sera, il faudra recommencer, à l’instar du vaccin contre la grippe."

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