"Nous sommes sur la corde raide" : les agences d'intérim débordées pour remplacer les soignants non vaccinés

"Nous sommes sur la corde raide" : les agences d'intérim débordées pour remplacer les soignants non vaccinés

INTERVIEW - Les agences d'intérim débordent de demandes depuis la mise en place de l'obligation vaccinale pour les professionnels de santé. Le directeur développement de "Vitalis Médical" craint désormais de ne plus pouvoir répondre aux besoins en cas de cinquième vague.

L'obligation vaccinale des professionnels de santé toujours au cœur des préoccupations. Depuis le 15 septembre, tous les soignants doivent avoir reçu au moins une dose de vaccin pour travailler. Selon les dernières données du ministère de la Santé, 92,1% des professionnels exerçant dans les établissements de santé entrent dans les critères. Ce taux monte même à 94,2% pour les libéraux, et 94,7% pour les établissements médico-sociaux.

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Covid-19 : le défi de la vaccination

La part des professionnels de santé non-vaccinés reste donc faible, mais suffisante pour handicaper certains hôpitaux. Ainsi, le plan blanc a dû être déclenché à Mulhouse, car près de 170 salariés non-vaccinés y sont désormais suspendus. Pour faire face, les directeurs d'établissements se rapprochent des agences d'intérim, débordées. À quel point la demande a-t-elle explosé depuis une semaine ? Pour quels métiers ? Pourquoi est-ce inquiétant avant une éventuelle cinquième vague ? Damien Tardivon, directeur développement "Vitalis Médical", réseau de recrutement en intérim dédié notamment aux métiers de la santé, nous répond.

Constatez-vous une hausse des demandes depuis la mise en place de l'obligation vaccinale ?

Clairement. Nous estimons avoir entre 1200 et 1300 demandes supplémentaires depuis le 15 septembre. Notre réseau comporte une trentaine d'agences, qui ont chacune, sur les derniers jours, entre 30 et 50 demandes supplémentaires par rapport à ce que nous avions d'habitude.

Une vague supplémentaire ne ferait qu'accentuer ce phénomène- Damien Tardivon, directeur développement de Vitalis Médical

Cette situation n'est-elle pas intéressante pour votre activité ?

De loin, c'est effectivement ce que l'on pourrait croire. Or, nous subissons également cette situation. L'obligation vaccinale s'applique aussi aux intérimaires, et certains, qui ont fait le choix de ne pas se faire vacciner, sont donc indisponibles. D'autres se reconvertissent. En outre, des frontaliers partent à l'étranger, notamment au Luxembourg. Nous subissons donc aussi cette mesure.

Dans quels secteurs les besoins des établissements sont-ils les plus importants ?

Les aides-soignants et infirmiers sont particulièrement recherchés. D'un point de vue des établissements, ce sont en majorité les Ehpad, les cliniques et les hôpitaux qui font appel à nous. Mais c'est une grosse frustration de ne pas pouvoir dépanner nos clients et répondre favorablement à tout le monde.

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Pourquoi ?

Nous sommes clairement sur la corde raide. Sur la dernière semaine, nous arrivons à avoir un peu plus de candidatures que ces derniers mois, heureusement. Mais aujourd'hui, il y a beaucoup plus de demandes en provenance des établissements que de personnel disponible pour travailler. Les soignants se découragent avec certaines obligations et les sous-effectifs dans les services. Une vague supplémentaire de Covid-19 ne ferait qu'accentuer ce phénomène.

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