Vaccins : "Les gens qui désinforment sont des criminels", selon le professeur Gilbert Deray

Vaccins : "Les gens qui désinforment sont des criminels", selon le professeur Gilbert Deray

ANTI-VAX - Invité ce mardi matin sur LCI, Gilbert Deray, chef du service néphrologie à la Pitié-Salpêtrière (AP-HP), s'est voulu rassurant sur la part de Français qui refusent toujours à se faire vacciner. Selon lui, faire de la pédagogie à l'échelle individuelle pourrait finir par convaincre la majorité d'entre eux, souvent nourris de fausses informations.

Pendant que le cap des 4 millions de primo-vaccinés a été franchi lundi, les opposants au pass sanitaire se font de plus en plus entendre. Samedi, 161.000 d'entre eux manifestaient partout en France, selon le ministère de l'Intérieur, pour protester contre ce dispositif qui incite fortement à la vaccination par son caractère contraignant.

Pour le professeur Gilbert Deray pour autant, la situation n'inspire pas trop d'inquiétudes. "Lorsqu'on a 100.000 manifestants, le même jour on a trois fois plus de vaccinés. Donc la France est en marche", assure le chef du service néphrologie à la Pitié-Salpêtrière (AP-HP) sur LCI.

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La nécessité de la pédagogie à l'échelle individuelle

Pour le professeur, "l'idéal aurait été de prendre son temps", pour parvenir à convaincre les 30% de Français réticents à se faire vacciner, "et il nous serait resté les 3% d'anti-vax absolus. Le problème, c'est qu'on n'a pas le temps !", regrette Gilbert Deray qui estime que "des mesures sont nécessaires et vont être mises en place".

"Dans le même temps, on va faire de la pédagogie à l'échelle individuelle", explique-t-il en indiquant essayer de convaincre ses patients à chacune de ses consultations. "Je suis convaincu que l'immense majorité de ces personnes ne sont pas anti-vaccins. Ce sont des gens qui ont peur - et il faut lever ces craintes car le vaccin est sûr et efficace" - et ce sont des gens qui ont besoin de temps pour cette réflexion car on les a nourris de fausses informations."

Sur les personnes qui propagent de fausses informations ou la manipulent, Gilbert Deray a un avis très tranché : "ce sont des criminels". "Quand vous empêchez des gens d'être vaccinés ou de faire un test PCR et que vous les envoyer dans les manifestations se contaminer, vous allez en tuer une partie. Ça s'appelle un crime", martèle-t-il sur LCI. Il estime aujourd'hui primordial de rétablir la confiance des Français envers leurs institutions et le corps médical.

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L'importance de la communication

Pour le professeur, le gouvernement, dont la communication a parfois été "trop timide", est aussi responsable de ce manque d'adhésion au vaccin. "Quand le vaccin est arrivé en décembre dernier, le gouvernement a fait savoir que le pays allait prendre son temps pour ne pas inquiéter. Mais si moi, quand je parle à un patient, je n'y crois pas et je ne dis pas que c'est comme ça qu'il faut faire, je ne vais pas entraîner l'adhésion", fait-il remarquer en ramenant l'exemple à son échelle.

Gilbert Deray regrette également une communication trop décousue : "Une des choses qui pose problème dans ce qu'on a fait depuis un an et demi, c'est le fait qu'on ait fait du 'Stop and Go'. C'est-à-dire qu'on a dit : 'Tout va mal : mesures', 'Tout va bien : ouverture'. Et ça, c'est incompréhensible. On ne peut pas dire aux Français le 15 mai que l'épidémie est derrière nous et le 15 juin que nous vivons une catastrophe", estime-t-il. "Bien entendu qu'il fallait et qu'il faudra être plus prudent."

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S'il se réjouit de voir que les Français sont nombreux à avoir entendu le message d'Emmanuel Macron et à se faire vacciner, le médecin insiste une nouvelle fois, pour ceux qui n'auraient pas encore passé le cap, sur l'importance de le faire. "95% des personnes actuellement en réanimation ne sont pas vaccinés", explique-t-il. "Les autres sont des patients très à risque." Gilbert Deray tient de plus à rassurer : "Un an de recul sur un vaccin, c'est considérable ! Nous n'avons jamais, et j'insiste là-dessus, découvert d'effets secondaires au-delà de 3 mois".

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