Plage, moustiques, gel et soleil... Ce qu’il faut savoir pour ces vacances placées sous le signe du coronavirus

Plage, moustiques, gel et soleil... Ce qu’il faut savoir pour ces vacances placées sous le signe du coronavirus
Santé

ÉTÉ – Alors qu’une partie des Français part en vacances, quels sont les risques de transmission du coronavirus sur votre lieu de repos ? Quid de l’eau de mer et de celle des piscines ? Gel hydroalcoolique et soleil font-ils bon ménage ? LCI répond à vos questions.

Comme chaque année, le mois de juillet marque le début des vacances pour une partie des Français. Mais cette fois, la saison estivale sera quelque peu différente. En cause, la circulation du virus, toujours intense dans l’Hexagone et dans le monde. Pour ne pas gâcher vos vacances, LCI vous indique tout ce qu’il faut savoir sur le coronavirus pour ces mois d’été.

Les moustiques peuvent-ils transmettre le coronavirus ?

C’est l’un des insectes indissociables de l’été : les moustiques. Leurs piqûres, quand arrivent les beaux jours, n’épargnent personne. Mais peuvent-ils transmettre le Covid-19 en vous piquant ? Une étude, réalisée par l’Institut national de la Santé italien, se veut rassurante sur ce point. "Les tests ont prouvé que le virus, transmis aux moustiques en leur faisant ingérer du sang infecté, n’avait pas été capable de se dupliquer", explique l’Institut.

"Il n’y a pas d’indication en ce sens, très peu de virus circulent dans le sang", renchérit de son côté Etienne Decroly, directeur de recherche au CNRS. "N’oublions pas que le début de l’épidémie a eu lieu l’hiver et que la transmission était très efficace, alors qu’il y avait peu de moustiques", indique-t-il à LCI. "Pour l’instant, il n’y a donc pas d’indication ou de suspicion que les moustiques soient impliqués dans la transmission." Pas de panique, donc, en cas de piqûre cet été.

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Le virus peut-il se propager par l’air ?

Suffira-t-il de rester éloigné de ses voisins pour ne pas être contaminé ? Pas si sûr, depuis que 239 chercheurs du monde entier ont alerté l’Organisation mondiale de la santé (OMS) que le virus se déplacerait dans l’air. L'OMS a ensuite reconnu que "des preuves émergent" sur la transmission par l’air. "La transmission par aérosol est avérée", indique Etienne Decroly. "En plus des micro-gouttelettes et les contacts, c’est un des modes de transmission" du Covid-19.

Le directeur de recherche en veut pour preuve qu’une étude menée par des chercheurs chinois dans un restaurant a montré que, sans contact entre les clients, le virus s’est propagé entre eux. "Une personne, infectée, a été placée sous le flux de la climatisation", explique-t-il. "L’ensemble des individus situées en aval de l’air pulsé par la climatisation ont été infectés."

Méfiance donc dans les lieux clos, où le port du masque est particulièrement recommandé. En extérieur, sur la plage ou dans les montagnes, le chercheur se veut beaucoup plus rassurant. "En extérieur, il y a un effet de dilution", indique Etienne Decroly. "Le risque est probablement beaucoup plus faible qu’en intérieur. Ce qui démontre tout l’intérêt d’aérer les espaces clos."

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Faut-il porter un masque sur la plage ?

Les mois de juillet et août sont souvent l’occasion d’observer certaines plages bondées de vacanciers. En cette période particulière, faut-il porter un masque en cas d’affluence sur le sable, comme le préconise le professeur Gilbert Deray, chef de service à l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière à Paris (voir vidéo en tête de cet article) ? "C’est compliqué", répond Etienne Decroly, "personnellement, je n’irais pas sur une plage bondée, et il faut que la population se rende compte que le virus circule toujours." "Même si c’est en extérieur, il n’est pas très malin de se rendre sur une plage bondée et, à moins d’un mètre, il faudrait éventuellement porter le masque", prévient le directeur de recherche.

"Mais faisons appel au bon sens de la population, c’est à elle de gérer son risque. Mieux vaut avoir une stratégie de limitation des contacts", demande-t-il. "Les masques doivent avant tout être portés dans les transports en commun, puis dans les espaces clos dans lesquels il y a beaucoup de passage (grandes surfaces, restaurants...), et lorsqu’il y a un contact rapproché."

S’exposer au soleil avec du gel hydroalcoolique, est-ce dangereux ?

Entré dans le quotidien des Français depuis le début de la crise sanitaire, le gel hydroalcoolique présente-t-il des risques s’il est exposé au soleil ? "Il n’y a pas de dangerosité avec le gel sur la peau", répond à LCI Isabelle Gally, vice-présidente du syndicat des dermatologues. "Il faut tout de même que le gel dispose du marquage 'CE' et que sa composition soit réalisée selon les bonne normes."

Attention cependant à l’association entre le gel hydroalcoolique et le crème solaire. "Il y a un risque que le gel dissolve, ou du moins affaiblisse, le principe actif de la crème", prévient Isabelle Gally. "Il faut bien séparer les choses : mettre sa crème solaire bien avant ou bien après l’utilisation du gel."

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L’eau de mer peut-elle transmettre la maladie ? Et l’eau des piscines ?

Risque-t-on d’être contaminé au cours de nos baignades dans la mer ? Les traces de coronavirus retrouvées ces derniers jours dans les eaux usées de Paris laisse craindre une contamination aquatique, "même s’il n’est pas démontré que le virus retrouvé dans les eaux est infectieux". Cependant, l'Institut français de recherche pour l'exploitation de la mer (Ifremer) indique qu'aucune trace de Covid-19 n'a été retrouvée dans l'eau de mer ou dans les coquillages. "Nous n'avons jamais détecté de génome du Sars-Cov-2 dans nos tests", indique la responsable du laboratoire de microbiologie de l'Ifremer, Soizick Le Guyader, dans des propos rapportés par Le Parisien. "Il n'y a pas de virus qui circule dans l'eau de mer", indique de son côté le Pr Gilbert Deray.

Pas de doute non plus pour les piscines. "L'eau y est chlorée", rappelle Etienne Decroly. "Le chlore détruit la majorité des virus, et la stabilité du virus dans l’eau chlorée est beaucoup plus faible." De plus, "il n’y a pas d’eau usée qui risque de se retrouver dans la piscine."

La chaleur limite-t-elle les risques de transmission ?

Longtemps, les températures ont suscité l’espoir d’une fin d’épidémie lorsque celles-ci augmenteraient. Selon une étude relayée par l’Académie nationale de médecine, "une augmentation d’un degré de température est associée à une diminution de 3,1% des nouveaux cas", alors que "les climats chauds ont un effet réducteur sur la transmission".

Toutefois, même cet été, il ne faut pas miser sur les hausses de température pour se protéger. "La chaleur a effectivement un effet, et en extérieur, les UV ont aussi un effet antiviral", note Etienne Decroly. "Mais nous ne pouvons pas compter que sur la chaleur, sinon il n’y aurait actuellement pas d’épidémie en Iran ou en Arabie Saoudite. Les températures que l’on atteint l’été ne sont pas suffisantes pour tuer rapidement 100% du virus. On ne peut donc pas dire que, parce qu’on est au soleil, il n’y a plus de virus."

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Vacances à la montagne : l’altitude a-t-elle un effet ?

Si les côtes et la plage sont particulièrement recherchées l’été, la montagne n’est pas en reste. Et selon des observations de certains scientifiques, la transmission du Covid-19 et sa virulence sont réduites dès lors que l’on dépasse 3.000 mètres d’altitude.

Suffisant pour réserver vos vacances en montagne ? Méfiance, car selon Etienne Decroly, "c’est n’importe quoi". "Je ne dis pas que ceux qui vivent en altitude ne sont pas moins infectés, mais c’est n’importe quoi dans le sens où quand on monte en altitude, pleins de paramètres entrent en compte, dont la température et l’humidité", affirme le directeur de recherche. "On ne peut pas dire qu’aller en montagne cet été est moins risqué, cela ne fonctionne pas comme cela."

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Où les Français peuvent-ils voyager ?

Enfin, dans cet été particulier, se rendre en vacances partout dans le monde n’est pas possible. Au sein de l’Union européenne, il est cependant possible de se déplacer librement, sans contraintes de quarantaine à l’arrivée. Il en est de même pour l’Algérie, le Canada, le Japon, le Maroc ou la Thaïlande.

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En revanche, il est à ce jour impossible de voyager jusqu’aux Etats-Unis ou au Brésil, les deux pays les plus touchés par la pandémie.

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