Covid-19 : pourquoi des élus de l'Ouest de la France réclament un allègement des restrictions

Covid-19 : pourquoi des élus de l'Ouest de la France réclament un allègement des restrictions

CRISE SANITAIRE- La situation sanitaire est meilleure dans certains territoires, notamment à l'Ouest de la France. Le maire de Bordeaux, comme d'autres élus, appelle à un assouplissement des mesures sanitaires.

Le pays est coupé en deux. Ce jeudi, l'exécutif a placé vingt départements sous la menace de nouvelles mesures de restrictions sanitaires, le virus se propageant plus rapidement dans l'Est et le Nord de la France. Pour l'instant, l'Ouest de la France est épargné. Alors que le gouvernement mise sur une gestion territorialisée de la crise sanitaire, cette stratégie pose question. S'il est possible de renforcer les mesures d'un côté du pays, ne pourrait-on pas les assouplir dans les zones où le Covid-19 circule peu ? C'est la demande formulée par des élus de l'Ouest de la France. 

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Dans une interview accordée ce jeudi à L'Express, l'élu EELV estime que l'on ne peut pas "traiter de la même manière Nice, Dunkerque et Bordeaux. Ces trois villes ne sont pas frappées de la même manière par l'épidémie." Dans la métropole bordelaise, le taux d'incidence se situe entre 50 et 150 cas pour 100 000 habitants - soit inférieur au seuil d'alerte renforcée, fixé à 150 cas/100 000 habitants. Au même titre que d'autres élus de l'Ouest, l'édile demande à repousser le couvre-feu à 20 heures. "Il faut faire du sur-mesure dans les territoires", ajoute-t-il. 

Pierre Hurmic veut également que les choses bougent sur le plan culturel. Il rappelle que la ministre de la Culture Roselyne Bachelot avait annoncé des "expérimentations" prévues en mars et avril pour des concerts à Marseille et Paris. L'édile bordelais lui a proposé de tester la réouverture des musées. "Encore une fois, nous pouvons expérimenter. Je tiens aussi beaucoup à l'ouverture progressive de nos lieux culturels, comme nos salles de spectacle", explique-t-il dans l'hebdomadaire. 

Une initiative soutenue par le président du Modem en Gironde Fabien Robert "à la condition qu'elle soit pilotée par l'État, pour être ensuite diffusée ailleurs", a indiqué l'ex-premier adjoint au maire de Bordeaux ce vendredi au micro de France Bleu. Pour l'instant, la ministre de la Culture n'a pas donné suite à la demande du maire de Bordeaux. 

Au nom du "moral" des Français

Pierre Hurmic n'est pas le seul à plaider pour un allègement des mesures. Le député des Cotes-d'Armor Marc Le Fur a envoyé un courrier au Premier ministre Jean Castex pour demander de retarder le couvre-feu au moins jusqu'à 19 heures. "Dans ces circonstances, le statu quo n’est pas tenable, il en va du moral et de la santé psychologique des Français" écrit l'élu dans sa lettre. À contre-courant, le préfet des Côtes-d'Armor a décidé d'étendre l'obligation du port de masque dans certaines villes côtières ce mercredi. Selon la préfecture, le taux d'incidence s'élève à 83,7 cas de Covid-19 pour 100 000 habitants, selon les derniers chiffres de Santé Publique France - bien en dessous du taux national fixé à 214.

Dans le département voisin, le Morbihan, le maire de Plœmeur Ronan Loas est partisan d'un retour à la vie d'avant, du moins partiellement. " On propose une expérimentation sur notre territoire sur le mode d'un déconfinement. Concrètement, on souhaiterait le décalage du couvre-feu et l'ouverture des terrasses à minima en extérieur. Cela vaut le coup d'entamer une réflexion sur le sujet", affirme l'élu à la rédaction de LCI. Un assouplissement des mesures qui "pourrait commencer après les vacances scolaires qui sont toujours en cours en Bretagne", répond-il. Dans le Morbihan, le taux d'incidence est de 113 cas pour 100 000 habitants. 

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Reste que cette volonté d'assouplir ces mesures dans l'Ouest de la France ne fait pas l'unanimité. Certains élus appellent en effet à la prudence. C'est le cas de Philippe Martin, président du conseil départemental du Gers. Si son département détient l'un des taux d'incidence les plus bas de France - 72 cas pour 100 000 habitants -, l'élu estime qu'il est trop tôt pour lâcher du lest. Selon lui, il n'est pas souhaitable d'alléger les mesures sanitaires tant que le taux d'incidence n'est pas passé sous la barre des 50 cas. "Je pense qu'il faut faire attention", justifie l'édile sur FranceInfo. "On est des élus, on n'est pas des médecins, on n'est pas des scientifiques. On n'est pas à même de voir quelle est la progression et les rebonds qu'il peut y avoir", dit-il.

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