Sécurité, logistique... Comment les premières doses de vaccin vont être acheminées vers la France

belgique: explication du transport des vaccins

COVID-19 - Alors que le feu vert a été donné pour lancer la campagne de vaccination au sein de l'Union européenne, des centaines de milliers de doses vont devoir être acheminées sur le territoire. Une mission complexe et risquée.

Ces derniers jours, une nouvelle étape a été atteinte concernant la lutte contre l'épidémie mondiale. Lundi 21 décembre, l'Agence européenne des médicaments a autorisé le vaccin Pfizer-BioNTech. Cette décision ouvre la voie à un possible coup d'envoi des vaccinations dans l'Union européenne avant la fin de l'année. À la suite de cette annonce, un autre défi se profile : le transport du précieux sérum.

De nombreux camions vont être chargés d'une mission très spéciale : apporter des centaines de milliers de doses sur le territoire. Mais pour assurer la livraison de ce chargement particulier, plusieurs précautions seront requises. En effet, les transporteurs devront répondre à des défis techniques mais aussi sécuritaires. Alors que le précieux vaccin attise toutes les convoitises, comment les autorités françaises vont-elles s'y prendre ? 

Toute l'info sur

Covid-19 : le défi de la vaccination

Tout d'abord, il faut se rendre chez nos voisins belges, où l'aventure commence. Direction la ville flamande de Puurs - dans le nord de la Belgique - où sont produits les premiers vaccins que recevront les Européens. Bienvenue dans l'un des plus gros centres de production du laboratoire Pfizer : plus de 400 millions de doses de sérums sortent de cette usine chaque année. 

Pour les vaccins destinés à contrer le coronavirus, leur transport est soumis à plusieurs défis techniques. En effet, l'élixir pharmaceutique de Pfizer a besoin d'une conservation à -70 degrés. Pour maintenir la chaîne du froid, des transporteurs spécialisés sont donc appelés à la rescousse. "On utilise de la glace carbonique pour conserver des produits à très basse température, jusqu'à -70 degrés ", détaille Leen Michiels, responsable de Movianto -Alost. 

Au total, cette entreprise pilote 750 camions en Europe - tous équipés pour des livraisons à basse température. "Quand il y a une température plus élevée que 8 °C ou plus basse que 2 °C, il y a une alarme auditive qui s'enclenche et un SMS est envoyé. Il n'y a pas un instant où l'on perd le contrôle sur la température", atteste Peter Roelands, directeur général, eurotranspharma Benelux. 

Sécurité rime avec confidentialité

Mais le respect de la chaîne du froid n'est pas la seule contrainte à prendre en compte. À cela, il faut ajouter la question sécuritaire. Pour anticiper tout risque d'attaque, le transport du chargement pharmaceutique s'organisera dans la plus grande confidentialité. En effet, les poids lourds circuleront à des dates inconnues et suivront des itinéraires secrets pour rejoindre des lieux de stockage confidentiels sur le territoire. Les vaccins seront ensuite livrés aux hôpitaux qui s'équipent de congélateurs spéciaux 

Une stratégie qui tranche avec les méthodes employées en 2009 lors de l'acheminement du vaccin H1N1. À cette époque, les camions transportant le précieux sérum étaient escortés par des gendarmes. Afin d'assurer la sécurité du chargement, les forces de l'ordre étaient même équipées de grenades explosives. Si la méthode change, l'objectif reste le même : protéger les milliers de doses de vaccins. 

En vidéo

Vaccin : un transport sous très haute sécurité

Le vaccin, objet de toutes les convoitises

Alors que les conditions logistiques sont déjà contraignantes, serait-il possible de voler ces vaccins ? "Les contraintes - à l'instar du respect de la chaîne du froid - complexifient  les modes opératoires pour ceux qui voudraient détourner des convois", conçoit   Gilles Sacaze, président de Gallice, expert en sûreté et gestion des risques. Mais le spécialiste ne met de côté aucun risque : "Une attaque reste possible à grande échelle par des organisations mafieuses", affirme le spécialiste. 

Il faut dire que les vaccins attisent de nombreux appétits. Mi-novembre, c'était Microsoft qui annonçait avoir détecté plusieurs attaques ou tentatives visant sept entreprises engagées dans la course mondiale à un vaccin. Plus récemment, c'était au tour du géant informatique, IBM, d'avoir relevé des agressions contre la chaîne d'approvisionnement des vaccins. 

Lire aussi

Quels serait le but de ces attaques ? "La finalité, c'est d'accéder aux données sensibles. Tous les moyens sont bons pour y entrer. Soit on vole des informations concernant les vaccins, soit on bloque les systèmes de fabrication", indique Nacira Slavan, experte en cybersécurité. Par exemple, ces attaques pourraient avoir pour objectif de perturber la chaîne d'approvisionnement ou encore la chaîne du froid. Autre hypothèse : l'autre but des pirates serait la revente des doses de vaccins sur le marché noir. 

Le dirigeant d'Interpol, Jürgen Stock, a averti lundi qu'il s'attendait à une hausse "dramatique" de la criminalité lors de l'acheminement des doses de vaccins contre le Covid-19, qui a déjà débuté dans certains pays." Avec l'acheminement des vaccins, la criminalité va augmenter de manière dramatique", a-t-il indiqué dans le magazine allemand Wirtschaftswoche. En Allemagne, la police fédérale est chargée d'acheminer les doses de vaccin qui seront stockées dans des endroits tenus secrets. Certains redoutent éventuellement aussi des opérations de sabotage des "anti-vaccins".

Sur le même sujet

Les articles les plus lus

Omicron : 464.769 nouvelles contaminations au Covid en 24 heures, un record en France

VIDÉO - Blanquer à Ibiza : "Si c’était à refaire, je choisirais un autre lieu", concède le ministre sur TF1

République Tchèque : une chanteuse meurt du Covid-19 après l'avoir volontairement contracté

EN DIRECT - Covid-19 : Boris Johnson annonce la fin de l'essentiel des restrictions en Angleterre

Covid-19 : à peine adopté, le pass vaccinal déjà obsolète face à Omicron ?

Lire et commenter
LE SAVIEZ-VOUS ?

Logo LCI défend l'ambition d'une information gratuite, vérifiée et accessible à tous grace aux revenus de la publicité .

Pour nous aider à maintenir ce service gratuit vous pouvez "modifier votre choix" et accepter tous les cookies.