Virus mutant : quatre questions sur sa progression en France

Virus mutant : quatre questions sur sa progression en France

CRISE SANITAIRE - Depuis la découverte de la variante du Covid-19 au Royaume-Uni, la France s'inquiète. LCI fait le point sur la situation.

Les compteurs s'affolent au Royaume-Uni, où l'épidémie de Covid-19 gagne du terrain. Lundi, le Premier ministre britannique Boris Johnson a annoncé le reconfinement total de l'Angleterre à partir de mercredi. Ces derniers jours, le bilan quotidien des contaminations dépasse les 50.000 dans le pays. 

Après la découverte du virus mutant mi-décembre, la propagation du virus s'est accélérée outre-Manche. La particularité de ce variant ? Sa transmission plus rapide - il serait de 50% à 74% plus contagieux que la première souche, selon les calculs de la London School of Hygiene and Tropical Medicine (LSHTM). De l'autre côté de la Manche, la France observe avec appréhension la situation sanitaire chez son voisin. Où en est la propagation de ce virus mutant dans l'Hexagone et doit-on craindre une situation similaire à celle du Royaume-Uni ? Tour d'horizon. 

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Le monde commence à se vacciner contre le Covid-19

Combien de cas du virus mutant comptent la France ?

Selon le ministre de la Santé Olivier Véran, "une quinzaine de cas suspectés ou avérés" ont été enregistrés sur le territoire ce mardi 5 janvier. "C'est heureusement pas beaucoup, je touche du bois", a-t-il réagi. Mais le nombre de contaminations pourrait être plus élevé. Pourquoi une telle incertitude ? Les tests utilisés en France ne permettent pas tous de dire si un patient est infecté par le variant ou par la source d’origine. 

Le premier cas français a été repéré, le 25 décembre, à Tours, sur un individu arrivé de Londres quelques jours auparavant. Un deuxième cas a été détecté en Corse sur une personne qui rentrait de Londres, a indiqué lundi l'Agence régionale de santé de Corse. Le variant britannique a aussi été détecté à Paris, ce mardi. "On l'a trouvé dans un laboratoire parisien pour un patient de région parisienne", a de son côté annoncé le directeur général de l'AP-HP, Martin Hirsch, sur France 2. Il a assuré néanmoins que le patient était "sous contrôle."

Le virus mutant n'a pas non plus épargné la sphère sportive. Le club de rugby de Bayonne a indiqué la semaine dernière que dix personnes (9 joueurs et un membre du staff) avaient été contaminées par le variant britannique après un match à domicile contre l'équipe anglaise de Leicester le 19 décembre. Toutefois, ils ne semblent plus porteurs du virus puisqu'ils ont été testés négatifs samedi, comme l'ensemble du club.

Que disent les autorités ?

Ce mardi 5 janvier, le ministre de la Santé Olivier Véran a souligné que la transmissibilité du virus mutant plus importante préoccupait les autorités. "C'est un variant qui nous inquiète et pour lequel nous déployons des moyens logistiques et diagnostiques très importants", a-t-il poursuivi sur la radio RTL. "Nous regardons cela comme le lait sur le feu", a-t-il insisté. 

Le vaccin sera-t-il efficace contre le variant du virus ? "On a de bonnes raisons d'espérer que le vaccin garde toute son efficacité puisque la protéine qui est mutée dans le variant anglais n'est pas la partie de la protéine qui est ciblée par le vaccin", répond le ministre de la Santé. 

La veille, lundi 4 janvier, l'épidémiologiste Arnaud Fontanet, membre du Conseil scientifique a exprimé ses craintes sur les ondes de FranceInfo. Selon lui, le variant britannique du coronavirus, "c'est vraiment l'inquiétude du moment." L'épidémiologiste a précisé qu'il y avait un risque que ce virus mutant nous "précipite dans une situation extrêmement complexe". Le spécialiste plaide pour une "surveillance extrêmement agressive des cas" doublé d'un "contact tracing vraiment exhaustif."

Comment la France se protège-t-elle ?

Avant les fêtes de Noël, la France et d'autres pays européens avaient décidé de suspendre leurs déplacements en provenance du Royaume-Uni pendant 48 heures. Si les liaisons entre les deux pays ont repris depuis, les règles sanitaires restent strictes. Des deux côtés de la frontière, des contrôles sanitaires sont organisés. Plusieurs milliers de passagers arrivent encore de Grande-Bretagne chaque jour.

Pour les passagers qui arrivent du Royaume-Uni, ils doivent pouvoir montrer un test PCR négatif de moins de 72 h s'ils veulent embarquer. Une solution qui peut contenir une marge d'erreur puisque le temps d'incubation dure entre cinq et six jours. Le test permet de filtrer certains malades mais pas tous. En cas de doutes, le ministère de la Santé a assuré que des quarantaines pouvaient être mises en places. 

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Le scénario britannique pourrait-il se répéter en France ?

Si le virus est bien présent sur le territoire, on ignore à quelle vitesse il se répand. Dans ces conditions, il est difficile de faire des plans sur la comète. En Grande-Bretagne, on sait qu’il est apparu au mois de septembre et qu’il n’a circulé que massivement dans la population en décembre. Voilà pourquoi certains spécialistes parleraient de bombe à retardement. "Il faut savoir qu'en Grande-Bretagne il est apparu en septembre pour ne devenir vraiment épidémique qu'en décembre. Il y a toujours un délai. Simplement, il a un potentiel considérable et il ne faut absolument pas le laisser grimper", a indiqué Arnaud Fontanet.

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