Détecteurs de CO2, purificateurs d'air : l'avis des épidémiologistes sur leur efficacité contre le Covid

Détecteurs de CO2, purificateurs d'air : l'avis des épidémiologistes sur leur efficacité contre le Covid

AÉRATION - Depuis le début de l'épidémie, purificateurs d'air et capteurs de CO2 ont le vent en poupe. Mais ces outils supposés gérer ou purifier la qualité de l'air, limitant ainsi les contaminations en lieux clos, sont-ils vraiment efficaces contre le virus ?

Le coronavirus se propage par gouttelettes diffusées dans l'air. Alors en attendant l'immunité collective, l'une des meilleures solutions pour limiter les contaminations en lieux clos, reste l'aération. C'est ainsi que les capteurs de dioxyde de carbone (CO2), inventés il y a plusieurs années, sont ressortis des placards. Et notamment dans les salles de classes, où ils étaient attendus par les professeurs pour la rentrée des vacances de printemps. Quelques jours avant la rentrée, des syndicats enseignants avaient réclamé dans une pétition la pose de ces détecteurs. 

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Plusieurs municipalités ont réagi à cet appel et fait installer rapidement ces capteurs de CO2. Comme dans cette cantine scolaire lilloise, filmée dans le reportage en tête de cet article. L'appareil fonctionne comme un feu tricolore. Quand la lumière est verte, le taux de gaz carbonique est bon, quand elle est rouge, il faut aérer. Et dans cette cantine où les fenêtres sont scellés, quand le voyant est rouge, il faut faire sortir les élèves de la salle. "On a rendu plus exigeant les seuils d'alerte", explique Charlotte Brun, adjointe socialiste à la mairie de Lille, chargée de l'éducation, à l'origine du dispositif, pour mieux "contrôler la qualité de l'air dans ce lieu où les enfants sont le plus exposés."

Les capteurs de CO2 permettent de piloter l'aération d'une pièce- Antoine Flahault, épidémiologiste directeur de l'institut de la santé globale à Genève

Comme à Lille, plusieurs villes ont mis en place ces capteurs pour la rentrée des vacances de printemps, notamment à Paris, où 500 détecteurs ont été installés dans 200 écoles, de la crèche au collège, ou dans les Pyrénées-Orientales. Selon le professeur épidémiologiste et directeur de l'institut de la santé globale à Genève en Suisse, Antoine Flahault, ces capteurs peuvent bel et bien être un moyen de limiter la propagation du virus en lieu clos, puisqu'ils permettent de "piloter l'aération d'une pièce." 

Or plus le taux de CO2 est élevé dans une pièce, plus le risque de concentration de gouttelettes émises par les individus en respirant, est élevé. L'idéal pour diminuer les risques de transmission serait "de mesurer le nombre de gouttelettes présentes dans une pièce, mais nous ne savons pas le faire aussi facilement", précise Florence Elias, professeure de physique à l’Université de Paris. Alors en attendant, les capteurs de CO2, demeurent un outil efficace. 

Les purificateurs d'air ne sont pas des gadgets- Robert Sebbag, infectiologue à la Pitié Salpêtrière

Autre appareil qui se développe depuis le début de la pandémie, les purificateurs d'air. Ces dispositifs aspirent l'air ambiant, le filtrent en débarrassant des particules en suspension, dont les virus, et rejettent de l'air purifié dans la pièce. Ils se vendent entre 1500 et 3000 euros en France. 

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Un outil supplémentaire dans l'arsenal contre l'épidémie ? Oui, selon l'infectiologue à la Pitié Salpêtrière, Robert Sebbag. "C'est utile, ce n'est pas un gadget", confie l'infectiologue, pour qui ces purificateurs sont "un moyen de lutte", contre l'épidémie, comme "les gestes barrières." Ce dispositif pourrait notamment être utilisé par les commerces et restaurants en vue de leur réouverture.  

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