Troisième décès dû à la rougeole en 2018 : comment repérer cette maladie et comment la combattre

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VIRUS DANGEREUX - L'annonce ce vendredi de la mort d'une jeune patiente atteinte de la rougeole, troisième décès de l'année lié à la maladie, le rappelle : cette maladie très contagieuse n'a pas disparu de nos contrées. La raison : un taux de vaccination trop faible.

Non, la rougeole n'est pas une maladie éteinte. La preuve : le virus a fait un troisième mort en 2018, une jeune patiente de 17 ans, a annoncé l'Agence régionale de santé (ARS) vendredi matin. Un décès qui porte à 23 le nombre de victimes de la maladie en France depuis 2008, après la mort d'une femme  de 32 ans à Poitiers en février dernier et d'un homme de 26 ans fin juin. Selon Santé publique France, qui avait publié ses données de surveillance le 27 juin dernier, 2.567 cas de rougeole avaient été enregistrés depuis le 6 novembre 2017, l'insuffisance de la couverture vaccinale ayant favorisé cette maladie extrêmement contagieuse. Dans 88% des cas, les malades n'avaient alors pas été vaccinés, ou n'avaient pas reçu toutes les injections nécessaires. Et dans 22% des cas, la rougeole avait occasionné une hospitalisation. 

La rougeole est en effet une maladie extrêmement contagieuse. Une personne contaminée peut infecter quinze à vingt individus, contre un à trois pour une personne grippée. En effet, la transmission du virus se fait sans contact physique, par voie aérienne (sécrétions du nez ou de la bouche), soit directement à partir d'une personne malade, soit indirectement à cause du contact avec une surface contaminée ou en raison de la persistance du virus dans l'air.

La seule façon de lutter contre cette maladie, c'est le vaccin. Il est bien toléré, efficace et pris en charge à 100% par l'Assurance maladie jusqu'à 17 ans (à 65% au-delà). Il consiste en deux doses, la première à 12 mois et l'autre entre 16 et 18 mois. En France, en 2007, seulement 90,1% des enfants de 2 ans étaient vaccinés . Alors que, selon l'OMS, il faudrait qu'au minimum 95% de la population soit vaccinée pour éradiquer le virus. Une vaccination de rattrapage est recommandée à toutes les personnes nées depuis 1980 qui n'ont pas été vaccinées et n'ont jamais eu la rougeole. Cela les protégerait toute leur vie contre le virus.


Si la vaccination est si importante, c'est que la rougeole, ce n'est pas seulement de la fièvre, de la toux, un écoulement du nez, des yeux rouges, des paupières gonflés, un larmoiement, une grande fatigue puis l'apparition de petites taches rouges sur tout le corps. C'est une maladie qui peut être grave et qui peut engendrer des complications nécessitant une hospitalisation. Quelques exemples :


⇒ une bronchopneumonie avec des difficultés respiratoires sévères,
⇒ une encéphalite , c'est-à-dire une inflammation du cerveau, dans un cas sur mille, qui peut entraîner un décès et dans 30% des cas des séquelles graves irréversibles à l'instar d'une paralysie ou d'une épilepsie,
⇒ une conjonctivite évoluant vers une kératite (atteinte de l'œil) et la perte de la vue.

Et les enfants ne sont donc pas les seuls concernés : la rougeole peut survenir à n'importe quel âge, si l'on n'a pas été vacciné ou lorsque l'on n'a pas déjà contracté le virus. Ainsi, la moitié des cas déclarés en 2010 concernait les plus de 15 ans, avec une proportion d'hospitalisation de 45% chez les 20-29 ans. C'est au sein de cette classe d'âge que les conséquences graves sont les plus fréquentes, aux côtés des nourrissons de moins de 12 mois, des femmes enceintes et des personnes aux défenses immunitaires affaiblies. 


L'épidémiologiste Isabelle Parent du Châtelet, de l'Institut de veille sanitaire, rappelle sur le site InfoRougeole que ces cas seraient évitables "si l'on procédait systématiquement à une vaccination de rattrapage des adolescents et jeunes adultes".

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