Les infirmières quittent l'hôpital : la vague de démissions s'est accentuée avec le Covid

Les infirmières quittent l'hôpital : la vague de démissions s'est accentuée avec le Covid

FERMETURES DE LITS - De plus en plus d'infirmières quittent la profession, laissant un grand nombre de postes vacants. Le 20H de TF1 a mené l'enquête.

Aucun hôpital n'est épargné par le phénomène : 10% des postes d'infirmières sont désormais vacants, et 5700 lits ont dû être fermés en France de ce fait. La vague de démissions s'est accentuée avec le Covid, et le malaise est persistant chez celles et ceux qui restent, leur charge de travail s'accroissant irrémédiablement. 

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Dans des hôpitaux de tout le pays, des chambres vides, des services à demi-fermés, comme dans celui où travaille Céline Labeyrie, une neurologue rencontrée par l'équipe de TF1 dans l'enquête du 20H en tête d'article. Une seule raison : le départ massif d'infirmières, quatorze rien que le mois dernier pour ce seul service de neurologie. "Ce sont des lits qui normalement devraient accueillir des patients avec des maladies neurologiques graves", explique la spécialiste, "qui nécessitent des soins urgents, des AVC, des scléroses en plaque"

À ses côtés Zoé Huguet, une des infirmières du service, qui raconte : "On agit un peu à la chaîne, les soins d’hygiène et de confort sont aussi faits à la chaîne, et ce n’est pas pour ça qu’on a signé, ce n’est pas pour ça qu’on veut être infirmière". C'est leur métier qu'elles ne reconnaissent plus, ce qui montre une nature nouvelle du phénomène : les infirmières ne font pas que démissionner d'un hôpital, elles quittent l'activité qu'elles avaient choisi. Et personne ne se bouscule pour les remplacer.

Beaucoup de départs, et pas de renforts en vue

Dans le service de pédiatrie d'Évreux, chaque infirmière a désormais en charge un nombre trop grand de jeunes patients. Marion Bardin fait le compte : "Aujourd’hui, j’en ai 1,2,3… neuf, uniquement du côté des petits !", explique-t-elle. Habituellement, elle peut compter sur des renforts, mais cette fois-ci, ils ne sont pas au rendez-vous : "C’est la première fois que c’est aussi compliqué", témoigne la soignante, "généralement, même pour des contrats seulement pour l’hiver, à chaque fois on reçoit plein de candidatures". Au planning, on guette la boîte aux lettres tous les jours, qui reste vide.

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Entre la crise des vocations et celles qui changent de métier, l'avenir semble sombre. Quand elle pense que personne n'est là pour la remplacer, Ophélie Rochefeuille a un pincement au cœur. Mais pour cette ex-infirmière qui a quitté la blouse blanche l'été dernier, il fallait d'abord penser à "se préserver du burn-out qui nous guette tous dans ce milieu-là". On estime que, comme Ophélie, 180.000 infirmières diplômées, et en âge de travailler, n'exercent plus leur métier. Parmi celles qui restent, une étude publiée l'an dernier pointait que 43% d'entre elles "ne savent pas si elles seront toujours infirmières dans cinq ans".

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