Il a été légalisé par Simone Veil : 42 ans après, quels sont les chiffres de l'avortement en France ?

GROSSESSE - En 1975, la loi Veil a été adoptée grâce au travail de longue haleine de la ministre de la Santé, qui s'est éteinte ce vendredi. Mais quel était le nombre d'avortements avant cette promulgation ? Et quid de ces dernières années ? On fait le point.

Décédée ce vendredi, Simone Veil restera dans les mémoires pour avoir défendu bec et ongles la loi relative à l'IVG, promulguée le 17 janvier 1975. Le Planning familial a d’ailleurs tenu à lui rendre un hommage vibrant, saluant sa "bagarre" pour le droit à l'avortement dans une "Assemblée profondément hostile", un combat qui "demeure d'une brûlante actualité".


A l’époque, devant une assemblée très majoritairement masculine, l’ancienne ministre de la Santé avait notamment évoqué "les 300.000 avortements qui chaque année mutilent les femmes dans ce pays, bafouent nos lois et humilient ou traumatisent celles qui y ont recours". 


Il est toutefois très difficile de trouver des chiffres précis sur l’avortement avant 1975, son interdiction empêchant de fait de disposer de données officielles. Si Simone Veil évoquait le chiffre de 300.000, le site contraception.fr avance une estimation située entre 55.000 et 90.000, en se basant sur l’Etude de la clientèle et du champ d'attraction d'un service hospitalier publiée en 1974 dans la revue Population.

Actuellement, le nombre d’IVG est compris entre ces deux estimations. D'après le dernier rapport de la Direction de la recherche, des études et de l’évaluation des statistiques (DREES), 211.900 interruptions volontaires de grossesse ont été réalisées en 2016 dans l'Hexagone. "Après une hausse enregistrée en 2013 (+4,5 %), attribuée à la ‘crise’ des pilules de troisième et quatrième générations, le nombre d’IVG s’est stabilisé en 2014 et a entamé une décrue en 2015 (218.100 IVG), baisse qui s’est poursuivie en 2016", souligne le site santemagazine.fr, qui rappelle toutefois que "le nombre d’avortements rapporté au nombre de naissances reste stable depuis 1990".


Thérèse Clerc pratiquait des avortements clandestins avant la promulgation de la loi Veil. Selon elle, les femmes qui voulaient avorter "ne prenaient en général pas de contraception, aveuglées par toutes les débilités qu’elles entendaient à l’époque, sur le fait que cela était honteux et contre-nature", raconte-t-elle à L'Obs


Et cette militante féministe d’évoquer avec amertume la situation actuelle : "Je suis désespérée de voir qu’un trop grand nombre de femmes ne prend toujours pas de moyens de contraception. Désespérée de voir qu’il y a en France, encore aujourd’hui, plus de 200.000 IVG chaque année. Mais ce droit est une nécessité".

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