Île-de-France et confinement : un traitement de faveur ?

Île-de-France et confinement : un traitement de faveur ?

Alors que les Niçois entament leur 3ème week-end de confinement, le 2ème pour les habitants du Pas-de-Calais, beaucoup s’étonnent que l’Île-de-France y échappe encore. Pourquoi le gouvernement a-t-il choisi, pour l’instant, de ne pas y avoir recours ?

Avec 469 cas pour 100 000 habitants, le département des Alpes-Maritimes est confiné le week-end. Avec un chiffre quasiment identique, la Seine-Saint-Denis ne l’est pas. Avec ses 418 cas, le Pas-de-Calais est confiné. Le Val-de-Marne qui enregistre 414 cas, lui, ne l’est pas non plus. Peut-on parler d’incohérence ? Pour Le professeur Bruno Megarbane, chef du service de réanimation médicale et toxicologique de l’hôpital Lariboisière (AP-HP) à Paris, la situation hospitalière n’est pas comparable. « l’Île-de-France dispose d’un nombre plus important de petites structures, hôpitaux privés et cliniques qui disposent de services de réanimation post-opératoires. S’il était décidé d’arrêter certains programmes opératoires non-urgents, ces lits pourraient être dédiés à la prise en charge des patients atteints de la Covid-19 », souligne-t-il.

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Mais l’aspect sanitaire n’explique pas tout. Sur le plan politique, le maire de Nice et le député des Alpes-Maritimes avaient réclamé ce confinement. En Île-de-France, Anne Hidalgo y est farouchement opposée. La présidente de la région, Valérie Pécresse, reste sur la réserve. Les élus craignent des tensions sociales, notamment dans les quartiers populaires et les banlieues. « Il y a une lassitude de nos concitoyens. Le département de la Seine-Saint-Denis est un département jeune et populaire. Par ailleurs, quand il y a eu un confinement, il n’y a pas 20% de la population de Seine-Saint-Denis qui est partie se confiner dans sa résidence secondaire. Nous voulons accélérer la vaccination », se défend Stéphane Troussel, président du conseil départemental de Seine-Saint-Denis.

Puis, quelles seraient les conséquences si l’Île-de-France était confinée le week-end ? Avec 12 millions d’habitants, elle est le poumon économique du pays. Il y a un an, le premier confinement a détruit 180 000 emplois, soit la moitié du total des emplois détruits en France depuis le début de la crise. L’économiste Stéphane Villers affirme que « le poids du PIB de l’Île-de-France, c’est 30% du PIB de la France. Effectivement, si on empêche cette région de consommer, il y aura de facto un impact sur la totalité de la croissance française ». Le confinement en Île-de-France n’est toutefois pas exclu. Sans jamais prononcer le mot, Jean Castex a déclaré vendredi 12 mars « qu’il fallait se tenir prêt à prendre des mesures, si la situation l’exige ».

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