Les chiffres étonnants de la fécondité masculine

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DISPARITÉ - Une étude inédite menée par l’Institut national d’études démographiques (Ined) s’intéresse à la fécondité des hommes dans le monde. Et force est de constater que des différences importantes existent entre hommes et femmes, mais aussi selon les zones géographiques.

Les hommes plus féconds que les femmes, vraiment ? Alors que le nombre moyen d’enfants par femme varie de 1 à 8 selon les pays, les écarts de fécondité entre hommes sont nettement plus prononcés. Il varie de 1 à 13 dans les 150 pays étudiés par l'Institut national d’études démographiques qui publie ses résultats ce mercredi . Si dans les pays européens, la fécondité masculine se situe en moyenne entre 1 et 2 enfants - globalement proche de celle des femmes – les disparités sont plus importantes sur d’autres continents… 


"L’habitude de se focaliser sur la fécondité des femmes conduit à ignorer les spécificités des comportements reproductifs des hommes, ou à faire l’hypothèse qu’ils ne diffèrent pas sensiblement de ceux des femmes", écrivent les auteurs de l'étude. Et en l'occurence, ces comportements diffèrent de manière assez sensible. 

De grosses différences selon les continents

En Europe, la fécondité moyenne des hommes se situe entre 1 à 2 enfants par homme. Le taux de fécondité masculine est de 1,2 en Europe méridionale et de l'Est et de 1,7 à 2,1 pour l'Europe de l'Ouest . Elle est aux alentours de 2 en Amérique du  Nord, 1,2 enfant par homme au Japon et en Corée du Sud et de 2 à 5 en Amérique latine selon les pays. Mais c'est en Afrique que les taux de fécondité masculine sont les plus élevés.

L’Afrique subsaharienne en pole position

Parmi les 41 pays subsahariens passés au peigne fin,  on compte plus de 10 enfants par homme dans un quart des pays. Les fécondités les plus élevées sont observées au Niger, avec 13,6 enfants en moyenne par homme, au Soudan du Sud, 13,5 enfants, ou encore au Tchad, 12,1 enfants. Seuls quatre pays comptent moins de 6 enfants par homme dans la région : l’Afrique du Sud, le Botswana, le Lesotho et la Namibie. Des écarts particulièrement prononcés dans des régions où justement les écarts d’âge entre époux sont importants et où la polygamie est fréquente.

L’âge de paternité (très) avancé

Autre facteur à prendre compte pour expliquer un tel écart : l’âge. Si d’une manière générale, dans tous les pays, les hommes ont leurs enfants plus tard que les femmes, cela peut parfois atteindre des âges très avancés. En Afrique, l’âge moyen de la paternité dépasse 40 ans, contre 33,6 ans en moyenne dans le monde. Au Sénégal, par exemple, les hommes commencent leur vie reproductive autour de 44 ans, soit 14 ans de plus que l’âge moyen à la maternité, et continuent d’avoir des enfants bien au-delà de cinquante ans.

Dans les pays occidentaux, la fécondité inférieure à celles des femmes

À l’inverse, dans les pays occidentaux où les écarts d’âge entre conjoints sont plus modérés et où les hommes sont un peu plus nombreux que les femmes aux âges de reproduction, la fécondité des hommes est souvent légèrement plus faible que celle des femmes, souvent de moins de 0,1 enfant.

Des évolutions rapides mais pas homogènes

La fécondité masculine a évolué de manière significative ces dernières années et mérite d'être étudiée à part entière, selon les auteurs de cette étude qui estiment que les politiques publiques concernant la natalité (son contrôle ou sa promotion) ne doivent pas seulement s'adresser aux femmes. 

De manière générale, dans les pays en transition économique, le taux de natalité tend à baisser et la fécondité masculine à se rapprocher de la fécondité féminine. 

Au Ghana par exemple, la fécondité masculine y a diminué de 12 à 7 enfants par homme entre 1980 et 2010, accompagnée d’un rajeunissement sensible de l’âge moyen à la paternité. Dans le même temps, la fécondité féminine a elle aussi diminué, mais moins. 

L'Ined note également que la convergence des taux de fécondité cache des disparités. En Grèce par exemple, les hommes

les moins instruits ont la plus faible fécondité, alors que l’inverse est observé chez les femmes. 

D'où l'intérêt d'étudier la fécondité des hommes au même titre que celle des femmes. 

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