VIDÉO - Le premier médicament électronique vient d'être autorisé aux Etats-Unis, et il pose question

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SANTÉ - Ce nouveau dispositif permet de contrôler à distance la bonne prise d'un traitement par les patients souffrant d'une maladie mentale. Cependant, il pose des questions quant au respect de leur vie privée.

C’est une nouvelle avancée dans le domaine de la santé. Pourtant, elle inquiète déjà les spécialistes. L'Agence américaine des produits alimentaires et des médicaments (FDA) vient d’autoriser la mise sur le marché du premier comprimé électronique. Un mini capteur, inséré dans la pilule, émet un signal qui permet de déterminer si un patient soumis s'il a bien pris son traitement et aussi de s'assurer qu'il n'y pas eu de surdosage, a indiqué lundi 14 novembre la Food and Drug Administration.


Ce tout nouveau dispositif de traçabilité a reçu récemment l'autorisation de l'Agence américaine du médicament pour un traitement contre la schizophrénie, la manie aiguë et des troubles bipolaires. Il s'agit de l'aripiprazole (Abilify), commercialisé depuis 2002 par le groupe pharmaceutique japonais Otsuka Pharmaceutical Co. La version 2.0 de ce médicament s'appelle Abilify MyCite. 

Une application pour traquer l'ingestion du médicament

Une fois avalé, le capteur de la pilule, conçu à partir de cuivre, de magnésium et de silice, produit un signal électrique au contact des liquides de l'estomac, un peu comme quand "on utilise une pomme de terre comme une pile", explique le New York Times. Après quelques minutes, cette impulsion est captée par un récepteur qui se trouve sur un patch collé sur la cage thoracique, développé par l'entreprise américaine Proteus Digital Healt. Le patch, qui doit être remplacé chaque semaine, transmet ensuite l'information à une application permettant aux malades de traquer l'ingestion du médicament sur leur téléphone mobile.


Les patients peuvent également choisir d'autoriser leurs médecins à accéder à ce système via un site sur internet. "Pouvoir traquer la prise des médicaments prescrits peut être utile pour certaines personnes souffrant d'une maladie mentale", explique le Dr Mitchell Mathis, directeur de la division des traitements psychiatriques au centre de recherche et d'évaluation des médicaments de la FDA. L'Agence américaine du médicament souligne toutefois que ce système de traçabilité n'a pas encore démontré sa capacité à améliorer la prise régulière de traitements.

La question du respect de la vie privée des patients

Ce nouveau système de traçabilité est une aubaine pour les compagnies d'assurance, explique le New York Times. Ces dernières pourraient en effet s'en servir pour vérifier que leurs clients prennent bien les traitements qu’elles ont remboursé. Le cas échéant, elles pourraient utiliser ses données pour augmenter ou bien réduire les cotisations d'un patient, si celui est un bon élève. 

Ce nouveau dispositif pose évidemment la question de la vie privée des patients. Dans l’expérimentation en cours, ils autorisent le laboratoire à y avoir accès mais peuvent le révoquer à tout moment. Reste à savoir si cela sera toujours le cas dans les années à venir, lorsque le dispositif va se généraliser.

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