Cas de variant indien dans l'Hexagone : pourquoi il est trop tôt pour s'inquiéter

Cas de variant indien dans l'Hexagone : pourquoi il est trop tôt pour s'inquiéter

CONTAGIOSITÉ - Déjà présent dans huit pays européens, le variant indien au Covid-19 a fait son apparition dans l'Hexagone ce jeudi 29 avril. Pour l'heure, les autorités sanitaires se montrent rassurantes quant à sa dangerosité.

Si le pays s'apprête à se déconfiner par étapes dès le 3 mai, le variant indien doit-il être considéré comme une menace en France ? Ce variant, aussi connu sous le nom de B.1.617, vient en effet d'être détecté pour la première fois en métropole, a annoncé le ministère de la Santé ce jeudi 29 avril. 

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Ce vendredi, les autorités sanitaires ont fait état au total de cinq cas présents dans le Lot-et-Garonne, la Gironde et les Bouches-du-Rhône. Déjà présent dans plusieurs pays européens, son arrivée dans l'Hexagone était "prévisible", explique le JT de 13H de TF1 dans la vidéo en tête de cet article.   

À ce stade, s'inquiéter serait prématuré. D'une part, "toutes les précautions sanitaires ont été prises" pour que ces personnes ne contaminent pas leur entourage, a en effet assuré le ministre de la Santé Olivier Véran sur France Info ce vendredi. Après avoir été testées positives, elles ont aussitôt été placées à l'isolement et ne pourront circuler qu'après avoir réalisé un nouveau test négatif dix jours plus tard. "Ces personnes n'ont pas de lien entre elles", précise-t-il.

Inquiétant, s'il devenait majoritaire

D'autre part, la dangerosité du variant indien est à relativiser. Alors que le monde a les yeux rivés sur l'Inde depuis plusieurs semaines, où des records funestes sont battus chaque jour (385.000 nouvelles contaminations ces dernières 24 heures et près de 3600 décès), d'autres facteurs sont mis en cause dans cette flambée épidémique. 

De nombreux rassemblements culturels et politiques sont notamment pointés du doigt, tout comme la difficulté dans les quartiers pauvres à appliquer les gestes barrières en vigueur. "Les données disponibles à ce jour ne permettent pas d’identifier un lien direct entre l’émergence et la diffusion en Inde du variant B.1.617 et la situation épidémiologique très défavorable observée à l’heure actuelle dans ce pays", a ainsi confirmé Santé Publique France. 

De plus, l'agence nationale de santé publique rappelle que le variant anglais reste majoritaire en Inde : "Le variant B.1.617 représentait, au 14 avril 2021, 61% des échantillons séquencés dans l’État du Maharastra où il a été découvert", mais "au niveau national, il représentait de 15 à 20% des échantillons séquencés". Dans l’état de Delhi, où l’épidémie semble la plus active, "le variant anglais représente de 50% à 80% des virus séquencés".

En France, la proportion est similaire."Ce qui nous inquiète, c'est le variant britannique", a affirmé de son côté, vendredi sur LCI, le Professeur Antoine Flahault,  épidémiologiste directeur de l'institut de la santé globale à Genève. "C'est lui qui gagne toutes les courses jusqu'à présent dans le monde", constate-t-il. En revanche, "si le variant indien se mettait à gagner les compétitions internationales et devenait majoritaire alors, oui, l'inquiétude serait grande." 

Actuellement la souche responsable de l'écrasante majorité des contaminations à l'échelle nationale est donc le variant britannique (82,7 %) contre 5% des variants sud-africain et brésilien, selon les derniers résultats de criblage publiés par Santé publique France, dans son point épidémiologique hebdomadaire. 

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Il convient donc de limiter les "brassages", recommande le Professeur Deray, chef du service de néphrologie à la Pitié-Salpêtrière. Dès que les terrasses rouvriront le 19 mai prochain, "protégez-vous, évitez les extérieurs avec des foules", met-il en garde ce vendredi sur LCI. Car si les Français faisaient fi des gestes barrières comme cela a été le cas en Inde, "un reconfinement dans quelques mois" pourrait être "quasi-inévitable", alerte-t-il. 

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