VIDÉO - Les emballages de fast-food dangereux pour la santé ?

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SANTÉ - Une nouvelle étude européenne vient appuyer la précédente recherche menée au niveau mondial. Leurs conclusions sont similaires et alarmantes : des tests effectués sur des emballages de fast-foods de 5 pays européens ont démontré la présence de composés "extrêmement préoccupants", les PFC. Explications

On savait les produits des fast-food trop salés, trop sucrés, pauvres en vitamines... Désormais, on sait qu'ils sont également très mal emballés. Selon une étude menée par des partenaires de l'UFC-Que Choisir au Danemark, au Portugal, en Espagne, en Belgique et en Italie, les emballages non plastiques de frites, sandwiches mais encore des cartons de pizzas et des boites à desserts contiennent des composés perfluorés (PFC) pour plus de la moitié d'entre eux. 


Les enseignes soumises à ces recherches sont celles de la restauration rapide telles que McDonald’s, Quick, KFC, Burger King, Pizza Hut, Dominos ou encore Starbucks. 65 échantillons d'emballages de ces enseignes ont ainsi été analysés. Cette étude menée au niveau européen en vient aux mêmes conclusions que l'étude mondiale, publiée en février dernier. 

Des composés pas franchement "emballant"

Ces composés perfluorés ont pour but d'offrir une grande résistance à la chaleur, d'étanchéifier les papiers entourant des burgers... Ils se dissolvent facilement dans l'eau et les graisses. Leurs propriétés sont donc une mine d'or pour les industriels qui produisent les emballages destinés aux enseignes de restauration rapide. Mais elles sont également difficilement biodégradables qui "s’accumulent dans l’environnement et donc potentiellement dans nos organismes", souligne l'UFC Que Choisir.


Problème : les PFOA (acide perfluoro-octanoïque) et PFOS (sulfonate de perfluoro-octane), sous-famille des PFC, sont pointées du doigt car on les soupçonne d'être cancérigènes, immunotoxiques et potentiellement responsables de perturbation du système endocrinien. D'ailleurs, les questions entourant ces substances sont telles que leur utilisation "soit en tant que tels, soit dans des préparations, est interdite sauf dérogation dans l’Union européenne", indique le magazine de défense des consommateurs. 

Que dit la loi ?

Des études antérieures avaient d’ailleurs montré un lien entre les PFC et le cancer du rein, des testicules, les maladies thyroïdiennes, un retard de développement à la naissance et des dysfonctionnements immunitaires chez l’enfant à naître. Alors comment se retrouvent-elles dans nos emballages ? 


Tout simplement car il n'existe pas de législation européenne concernant leur usage dans ces emballages non plastiques destinés à être au contact de la nourriture. En effet, seule une toute petite partie de ces substances de la famille des PFC a fait l'objet d'études poussées par les autorités de santé européennes. Leur toxicité est documentée mais elles ne sont limitées par aucune restriction dans leur usage. C'est pour cette raison que les experts alertent sur l'urgence d'encadrer ces substances jugées néfastes, par des normes strictement établies au niveau européen. 

Selon une précédente étude, les enfants sont les plus "à risque"

En début d'année, une autre étude avait été publiée sur le sujet dans la revue américaine Environmental Science and Technology Letters. Les chercheurs ont testé plus de 400 échantillons d'emballage provenant de 27 chaînes de restauration rapide aux Etats-Unis. Le résultat est sans appel : près de la moitié des emballages papier et 20% de ceux en carton comme les boites pour les pizzas et les frites, contenaient de la fluorine, un marqueur de substances chimiques fortement fluorées utilisées pour rendre les moquettes résistantes aux taches, les poêles et casseroles anti-adhésives et les vêtements imperméables.

Parmi eux, six de ces échantillons contenaient de l'acide perfluorooctanoïque (PFOA) ou C8, et ce, malgré le fait que plusieurs grands fabricants américains d'emballage avaient dit qu'ils cesseraient de l'utiliser en raison de ses risques pour la santé après un examen en 2011 de l'Agence américaine des produits alimentaires et des médicaments (FDA). Elle démontrait également que les personnes à risques étaient, sans surprise : les enfants. "Ils sont les plus à risque car leurs corps qui se développent sont plus vulnérables aux substances chimiques", expliquait Laurel Schaider, chimiste au Silent Spring Institute et principal auteure de ces travaux.

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