VIDÉO - Macron répond au neurologue qui l'a interpellé à La Pitié-Salpêtrière : "Il n'a rien à voir avec le coronavirus"

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REVENDICATIONS - Pendant sa visite à l'hôpital de la Pitié-Salpêtrière, jeudi 27 février, le président de la République a dialogué avec les équipes de l'établissement, qui n'ont pas manqué de l'interpeller sur la situation dégradée dont souffre l'hôpital public. C'est en particulier le cas d'un neurologue, qui ne l'a pas ménagé.

Une collision entre deux actualités. Alors qu'il visitait La Pitié-Salpêtrière, en pleine crise du coronavirus, à l'endroit même où est mort, des suites de la maladie, le premier patient français en début de semaine, Emmanuel Macron a été de nouveau confronté à la crise sociale qui secoue l'hôpital public depuis 18 mois.

Alors qu'il saluait le personnel, le président de la République a été interpellé par le neurologue François Salachas, membre du collectif inter-hôpitaux, qui l'a appelé à saisir l'occasion de cette crise sanitaire pour "refinancer l'hôpital public". "Le moment opportun d'agir pour un président de la République, même pour une situation dont il n'est pas responsable, c'est maintenant. [...] Prenez la main et donnez les moyens au ministre de la Santé, à Martin Hirsch (patron de l'APHP, ndlr), pour les nous donner les moyens de soigner nos patients".

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"On est au bout, et pour le moment, vous n'êtes pas là"

C'est qu'après près d'un an de conflit, l'hôpital public, bousculé entre grève dans les urgences, démissions collectives des tâches administratives pour ouvrir les yeux des autorités compétentes face au manque de lits, de personnel ou de trop faibles hausses de salaires, "est au bout", reprend le praticien. Qui admoneste le chef de l'Etat : "On est au bout et, pour le moment, vous n'êtes pas là". En dépit des dénégations du Président, il compare la situation de l'hôpital public à celle de Notre-Dame : "Quand il a fallu la sauver, il y avait beaucoup de monde pour être ému. L'hôpital public est en train de flamber à la même vitesse à laquelle Notre-Dame a failli flamber".

En face, le Président écoute, hoche la tête, répond par bribes, assure qu'il "n'aime pas les effets d'annonces", "qu'il n'est pas dans le déni", dit qu'il a "parfois le sentiment de payer l'addition de beaucoup de comptes qui sont restés non soldés" par le passé, et tente d'instiller de la confiance au neurologue et à ses équipes : "Je compte sur vous". Son interlocuteur, invité à un tête-à-tête de "quelques instants" avec Emmanuel Macron, répond par l'affirmative. Mais reste méfiant : "Vous pouvez compter sur moi. L'inverse reste à prouver."

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Macron interpellé à La Pitié-Salpêtrière

"C'est sur un hôpital fragilisé que va survenir cette crise sanitaire"

Plus tard dans la soirée, alors qu'il était à Naples pour un sommet franco-italien avec Giuseppe Conte, le président de la République est revenu sur la séquence, soulignant la spécialité du Dr Salachas. "C'est un médecin qui représentait la coordination, l'intersyndicale, lequel est neurologue - il n'a rien à avoir avec le coronavirus - qui a tenu ces propos. Il n'a rien à avoir avec la crise que nous sommes en train de vivre". 

Ce qui n'empêche pourtant pas de souligner que la crise du coronavirus pourrait mettre un zoom cruel sur les difficultés traversées par l'hôpital. Sur LCI, le neurologue a pourtant repris son propos : "On ne peut pas passer sous silence le fait que le personnel hospitalier ont alerté depuis plusieurs mois sur la situation dramatique des hôpitaux publics et que c'est sur cet hôpital fragilisé que va survenir cette crise sanitaire". 

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Le neurologue qui a interpellé Emmanuel Macron craint "une difficulté à hospitaliser les patients"

Le risque est grand, prévient le praticien, de voir les hôpitaux publics en incapacité de répondre à la demande générée par la crise du coronavirus : "Il ne s'agit pas d'agiter les peurs ni d'instrumentaliser cette crise. Mais il ne faut pas non plus mentir. En clair, on pourrait être confronté à une difficulté à hospitaliser les patients dans les services des maladies infectieuses. Nous avons demandé un correctif budgétaire, et pour l'instant, il n'a absolument été accordé."

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