A Mayotte, seul département d'outre-mer en rouge, le déconfinement est reporté

A Mayotte, seul département d'outre-mer en rouge, le déconfinement est reporté
Santé

INSULAIRE - À Mayotte, le déconfinement a été reporté au-delà du 11 mai. C'est d'ailleurs le seul département d'outre-mer en rouge sur la carte.

Mayotte, 300.000 habitants dont une grande partie vivent sous le seuil de pauvreté, et un virus qui circule encore activement :   passé en "phase 3", ce département d'outre-mer compte désormais 800 cas de Covid-19 et 44 hospitalisations dont neuf en réanimation, sur les 16 places disponibles. On dénombre par ailleurs sept décès. Le dernier étant celui de l'imam de la grande mosquée de Mamoudzou.

Résultat, "le déconfinement a été reporté au-delà du 11 mai", a annoncé lundi le Premier ministre devant les sénateurs. "La prolongation du confinement est l'unique manière d'éviter la saturation d’un système hospitalier déjà très sollicité par l’épidémie de dengue, elle aussi mortelle pour les Mahorais", a expliqué Edouard Philippe.

Couvre-feu maintenu

Il faut dire que dans les bidonvilles, les familles vivent dans de petites cases en tôle et avec la température, impossible d'y rester confiné. Il est également difficile de respecter les gestes barrières et de se laver les mains, faute d'eau courante. "On nous dit de rester à la maison, mais on ne peut pas parce qu'on vit dans des conditions trop difficiles. Dès qu'on sort pour essayer de trouver quelque chose, on nous dit de rentrer. Les gens ne comprennent pas qu'on n'a pas de quoi manger", interpelle un habitant.

La situation est donc préoccupante et entraîne des violences, et des pillages. Le préfet de Mayotte Jean-François Colombet a d'ailleurs précisé lundi soir sur la chaîne Mayotte la 1ere que le dispositif de couvre-feu était maintenu. "Le confinement a bien fonctionné pendant trois semaines, mais aujourd'hui, il marche moins bien, car la moitié de la population a moins de 18 ans", a-t-il analysé.

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Beaucoup redoutent que le virus ne se propage davantage avec un déconfinement. D'autant que les masques font cruellement défaut. Dans certaines boutiques, ils sont vendus 3 €. Un prix inabordable pour beaucoup de gens. "Moi je suis très inquiète. On n'a pas tout ce qu'il faut pour combattre cette épidémie. Vu les conditions et le nombre d'élèves en classe, personnellement, je ne vais pas envoyer mes enfants à l'école", avoue une habitante.

Même préoccupation à l'hôpital de Mayotte où le nombre de cas augmente énormément. "La chance qu'on a, heureusement, c'est qu'il y a beaucoup de formes légères ou asymptomatiques, explique le docteur Christophe Caralpe, chef des urgences. Par contre, lorsqu'il faut hospitaliser des gens qui ont besoin d'oxygène ou de soins, on est un peu limite en terme de places", reconnaît-il

Devant les sénateurs, Edouard Philippe a précisé qu'un "point" serait fait le 14 mai "pour envisager l'assouplissement du confinement et en particulier le retour à l'école primaire le 18 mai". 

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