Médecine prédictive en Estonie : collecter les données pour mieux soigner

Médecine prédictive en Estonie : collecter les données pour mieux soigner

REPORTAGE - C'est un pays qui a décidé sans complexe d'être hyperconnecté. En Estonie, les habitants n'ont aucun problème à confier leurs données à l'État, à commencer par leurs données médicales.

Voulez-vous vraiment savoir à quoi vous ressemblerez dans 30 ans ? Quel sera votre état de santé ? Les Estoniens ont cette ambition. Dans ce lieu unique au monde, ils pratiquent la médecine prédictive. Près de 20 % de la population du pays a confié son ADN au laboratoire Estonian Genome Center. À l'intérieur de ses bio-banques, des échantillons avec un code-barre. 

Chacun correspond à l'ADN d'un Estonien volontaire qui a fait une prise de sang. Les scientifiques séquencent ensuite son patrimoine génétique. Ils observent les mutations de ses gènes sur des tablettes. Ils sont capables d'y lire des signaux de prédisposition à telle ou telle maladie. Le patient reçoit ensuite gratuitement un dossier personnel contenant son avenir médical, ses probabilités de développer telle ou telle maladie.

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La cardiologue Raili Ermel, volontaire "Estonian genome project", faisait partie des premiers volontaires à communiquer ses données ADN il y a 14 ans. Et d'après ses résultats, elle risque d'attraper le diabète de type 2. Elle a donc amélioré son hygiène de vie. Et certaines patientes vont encore plus loin. Aux femmes à qui l'on prédit un cancer du sein, il peut être conseillé de réaliser une ablation mammaire en prévention. En France, cette jeune femme en pleine santé n'aurait pas pu avoir accès à ces informations. La loi interdit le séquençage de l'ADN et le partage de ses données de santé.

Les Estoniens ont eux moins de scrupules. Selon Serguei Pôlme, habitant de Tartu (Estonie), "il y a deux choses qu'on ne peut pas faire en Estonie : se marier et acheter une maison". Quand nous montrons tous nos papiers d'identité à ce père de famille, il nous largue avec son unique carte qui contient son permis de conduire, ses contrats d'assurance, son dossier fiscal et ses données médicales. Tout est numérisé et ces données sont cryptées. Quand Serguei va acheter ses médicaments, il tend sa carte d'identité au pharmacien. La prescription s'affiche sur l'ordinateur. Finis les ordonnances papier et les écritures illisibles des médecins, bienvenue dans le pays d'Europe, pionnier en matière de santé numérique et de cybersécurité.

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