Le paracétamol, l'aspirine et l'ibuprofène bientôt inaccessibles en libre service ?

Santé

AUTOMÉDICATION - Pour limiter les risques liés à un mauvais usage de ces médicaments, l'Agence du médicament (ANSM) souhaite que les produits contenant du paracétamol de l'ibuprofène et de l'aspirine soient rangés derrière le comptoir des pharmacies.

Doliprane, Advil, Efferalgan, Nurofen... ces médicaments souvent disponibles en accès libre dans les rayons des pharmacie pourraient se retrouver dès 2020 derrière le comptoir. C'est ce que souhaite l'Agence du médicament (ANSM) pour limiter les risques liés à un mauvais usage de produits contenant du paracétamol, ainsi que certains anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS): ceux à base d'ibuprofène et l'aspirine.

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Ces médicaments resteraient disponibles sans ordonnance

Ces médicaments, vendus sans ordonnance, sont les plus utilisés en automédication comme anti-douleurs ou anti-fièvre chez les adultes et les enfants, indique l'ANSM. Aujourd'hui, ils peuvent également être vendus en accès direct, permettant au client de se servir soi-même dans les rayons de la pharmacie, même s'il appartient à chaque pharmacien de laisser ou non ces médicament en rayon ou derrière son comptoir.

"L'ANSM souhaite qu'ils ne soient plus en libre accès et soient tous placés derrière le comptoir du pharmacien, renforçant ainsi son rôle de conseil auprès des patients", indique l'agence. La mesure ne changerait donc pas le fait qu'ils soient disponibles sans ordonnance. L'agence voudrait que cette mesure entre en vigueur dès janvier 2020, mais la décision finale sera prise à l'issue d'une "procédure contradictoire" actuellement en cours auprès des laboratoires concernés, afin qu'ils exposent leur position.

Paracétamol : attention au surdosage

"Ce sont des médicaments très utilisés, c'est bien que les patients puissent y avoir accès, mais il faut faire le maximum pour qu'ils soient utilisés correctement", affirme le Dr Philippe Vella, directeur des médicaments antalgiques à l'ANSM. Un mauvais usage comporte en effet des risques. Par exemple, e paracétamol, s'il est pris à des doses trop élevées, peut provoquer de graves lésions du foie nécessitant une greffe ou pouvant être mortelles.

En 2017, la mort de Naomi Musenga était, selon l'enquête, "la conséquence d'une intoxication au paracétamol absorbé par automédication sur plusieurs jours". Cette jeune femme était décédée après avoir été raillée au téléphone par une opératrice du Samu de Strasbourg, ce qui avait provoqué une grosse vague d'émotion en France.

L'ANSM a décidé en juillet qu'un avertissement "surdosage = danger" devrait désormais figurer sur les boîtes de paracétamol. "Le déploiement a commencé, les premières boîtes devraient arriver courant octobre/novembre, et cela s'étalera jusqu'en avril/mai", indique le Dr Philippe Vella. 

Quelles sont ces doses limites ? Pour un adulte sain de plus de 50 kilos, la dose maximale pour une période de 24 heures est de 3 grammes, c'est-à-dire 1 gramme par prise avec au moins 6 heures entre chaque prise. La durée maximale de traitement recommandée est par ailleurs de "3 jours en cas de fièvre, 5 jours en cas de douleur, en l'absence d'ordonnance", précise l'ANSM.

Anti-inflammatoires non stéroïdiens : ni pour les femmes enceintes, ni en cas d'infection

Les anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) sont quant à eux "susceptibles d'être à l'origine de complications rénales, de complications infectieuses graves et sont toxiques pour le fœtus en cas d'exposition à partir du début du 6e mois de grossesse", poursuit l'ANSM. Le gendarme du médicament avait d'ailleurs émis un avertissement à ce sujet en avril, au terme d'une enquête qui suggérait le rôle aggravant de deux types d'AINS, ceux à base d'ibuprofène et de kétoprofène, en cas d'infection.

À l'issue de cette enquête, l'ANSM expliquait en outre que les AINS étaient encore utilisés pour traiter les enfants atteints de varicelle, alors qu'ils doivent être évités au profit du paracétamol. "En cas de douleur et/ou fièvre, notamment dans un contexte d'infection courante comme une angine ou une toux", il faut "privilégier l'utilisation du paracétamol en respectant les règles de bon usage", souligne l'agence.

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