"Participer à l'effort de guerre" : ces volontaires qui acceptent de tester les vaccins anti-Covid

"Participer à l'effort de guerre" : ces volontaires qui acceptent de tester les vaccins anti-Covid

CRISE SANITAIRE - En France, 1200 personnes participent aux essais cliniques du vaccin Johnson & Johnson, pas encore sur le marché. À quoi ressemble ce protocole ? Quelles sont leurs motivations ? Les équipes de TF1 les ont rencontrés.

Qui sont ces soldats de l'ombre ? Au total, 1200 Français et 30.000 personnes dans le monde testent le vaccin Janssen, la filiale belge du laboratoire américain Johnson & Johnson. Ces volontaires acceptent de participer aux essais cliniques qui portent sur ce quatrième sérum qui n'est pas encore sur le marché. S'il a été autorisé aux États-Unis, en Europe, une décision est attendue mi-mars. En France, les personnes qui le souhaitent peuvent intégrer la phase 3 de cet essai." Quand j'ai dit ça a mes enfants, qui sont adultes il y en a un qui m'a dit : 'Mais maman, t'es complètement folle'", raconte Marie-Pascale, 62 ans et sûre d'elle : "Je ne suis pas inconsciente, c'est comme ça qu'on fait avancer les choses."

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Pour la sexagénaire, participer à l'essai clinique était "une évidence". "Pour que la vaccination aille plus vite, il faut qu'il y ait des volontaires". Ceux que nous avons interrogés ont un point commun : ils font confiance à la science et à la médecine. Ils souhaitent jouer un rôle dans cette bataille contre le Covid-19. Contrairement à certaines idées reçues, leur motivation n'est pas financière. En effet, pour faire avancer la science, ces volontaires ne toucheront aucune rémunération, juste une indemnité de transport. "Je fais cela pour participer à cet effort de guerre collectif contre la maladie", explique Paul, que les caméras de TF1 ont suivi à l'hôpital Hôtel-Dieu à Paris.  

Mais à quoi sert cet essai clinique ? Tout d'abord, rappelons ce que contient le sérum Janssen. Il s'agit d'un vaccin à vecteur viral basé sur une version atténuée du virus de la rhinopharyngite. Selon le fabricant, une seule dose est nécessaire. Le sérum s'est avéré efficace à 66% sur les formes modérées et sévères et à 85% pour les formes sévères. L'enjeu ? Savoir si avec une double injection à deux mois d'intervalle, cela permet d'augmenter la protection du patient. "L'une des questions que l'on se pose, c'est l'efficacité de ces vaccins sur les variants. Il est tout à fait possible qu'avec deux doses on augmente la protection contre ces variants", justifie Odile Launay infectiologue, responsable plateforme Covireivac (chargé de recruter les participants à l'essai).

Surveiller les effets secondaires

Avant de recevoir la précieuse injection, les volontaires doivent être sélectionnés. Ils doivent répondre à une série de questions concernant leur état de santé. À cela s'ajoute un examen médical complet : prise de la tension, analyse de sang et test PCR pour s'assurer que le participant n'est pas contaminé par le virus. Une fois ce parcours du combattant terminée, l'injection est enfin réalisée. La moitié des volontaires reçoit le vaccin et l'autre se voit administrer un placebo qui prend la forme d'une solution salée. 

"Il n'y a que la pharmacienne qui a préparé ses seringues qui est au courant. Nous, on le fait à l'aveugle", glisse Nathalie Jehan-Lacour, infirmière à l'hôpital Hôtel-Dieu à Paris. Paul ne sait pas ce qu'on lui inocule. "Le seul risque que je prends, c'est de ne pas être vacciné et d'avoir reçu un peu d'eau salée", déclare le volontaire très à l'aise dans la salle d'attente. Mais à tout moment, il a la possibilité de se retirer de l'étude s'il veut lever l'aveugle et savoir ce qu'il a reçu. Après l'injection, Paul est prié de patienter quinze minutes pour surveiller d'éventuels effets secondaires. 

L'objectif ? Pouvoir réagir lors d'un choc anaphylactique, soit "une allergie qui amène à une urgence vitale si elle n'est pas prise en charge, ce qui justifie qu'une personne soit présente dans un centre d'investigation clinique". En cas de problème une procédure est mise en place. "On a un chariot d'urgence dans lequel il y a tout ce qu'il faut pour prendre en charge le participant : le défibrillateur et les drogues d'urgence", détaille Isabelle Peigney, soignante elle aussi. Cependant, le choc anaphylactique est extrêmement rare. "Pour l'instant, le défibrillateur n'a jamais servi", assure-t-elle. 

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Et ensuite ? Après l'injection, leur réponse immunitaire va ensuite être évaluée avec les éventuels effets secondaires. Pendant une semaine, Paul et les autres volontaires devront répondre quotidiennement à un questionnaire sur leur smartphone. Sur la liste des questions présentes : avez-vous une diminution de l'odorat ? Avez-vous noté des tremblements ou des frissons ? À noter aussi que les volontaires sont équipés d'un cahier où ils doivent écrire leurs observations. Le protocole prévoit également dix visites médicales. Le volontaire sera suivi pendant deux après l'inoculation du vaccin. 

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