Petits fumeurs, grands dangers : quelques cigarettes font bien plus de dégâts qu'on ne le pense

Santé

SANTÉ - Le tabac nuit à la santé, et peu importe que l'on soit un gros ou un petit fumeur. Une étude américaine a comparé les dangers de la cigarette selon la consommation quotidienne, qu'elle soit élevée, modérée ou inexistante. Résultat : même en faible quantité, la cigarette réduit les capacités pulmonaires.

Ne fumer que quelques cigarettes par jour, est-ce vraiment dangereux ? Oui, selon des chercheurs américains, qui viennent d’effectuer une étude afin d'analyser les effets nocifs de la cigarette sur les fonctions pulmonaires, qui diminuent déjà naturellement avec l'âge.

Pour ce faire, ils ont examiné plus de 70.000 spirométries, un examen de la santé des poumons, provenant de plus de 25.000 personnes, de tous les âges. Ils ont alors distingué 3 groupes : les gros fumeurs (plus de 30 cigarettes par jour), les petits fumeurs (entre 1 et 5 cigarettes quotidiennes), et les non-fumeurs.

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Et les résultats sont édifiants. Contrairement à ce que l’on pourrait penser, les petits fumeurs mettent presque autant leur santé en danger que les gros fumeurs. "Beaucoup de personnes pensent que fumer quelques cigarettes par jour n’est pas si mauvais pour la santé", explique Elizabeth Oelsner, chercheuse et directrice de cette étude publiée dans The Lancet. "Il s’avère finalement que la différence de perte de fonction pulmonaire entre une personne qui fume cinq cigarettes par jour et une personne qui fume deux paquets quotidiennement est relativement petite".

Les capacités pulmonaires des fumeurs en danger

Dans les faits, la fonction pulmonaire des petits fumeurs diminue presque aussi rapidement que celles des gros fumeurs : les capacités pulmonaires (le volume d'air que peuvent contenir les poumons) qu’un gros fumeur va perdre en un an, un petit fumeur va lui les perdre en neuf mois. Trois mois d’écart donc, malgré un nombre de cigarettes fumées beaucoup plus faible. "Ne fumer que quelques cigarettes par jour est beaucoup plus risqué que ce que de nombreuses personnes pensent", continue Elizabeth Oelsner, selon qui "tout le monde devrait être fortement encouragé à cesser de fumer, peu importe le nombre de cigarettes consommées par jour".

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Autre enseignement de l'étude, même pour les anciens fumeurs, le déclin des fonctions pulmonaires est plus rapide que pour les non-fumeurs. En arrêtant le tabac, les anciens fumeurs diminuent beaucoup moins leurs capacités pulmonaires que s’ils avaient continué à fumer, mais il faut attendre au moins 30 ans avant que cela se normalise et atteigne le niveau des non-fumeurs, selon ces travaux. "Il existe des différences anatomiques dans les poumons qui persistent pendant des années après l’arrêt du tabagisme, et l’activité des gênes reste également modifiée", explique la chercheuse. Le meilleur moyen de préserver ses poumons reste donc... de ne pas commencer à fumer.

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