Covid-19 : les plaintes contre les ministres "arrivent par milliers", selon François Molins

Covid-19 : les plaintes contre les ministres "arrivent par milliers"

JUSTICE - Procureur général près la cour de cassation et deuxième magistrat de France, François Molins révèle dans un entretien accordé à LCI ce dimanche (à suivre à partir de 20h30), que "des milliers" de plaintes concernant le Covid ont été déposées à ce stade.

Leur traitement annonce un nouveau chapitre dans les rapports conflictuels entre justice et politique. Les perquisitions ordonnées par la Cour de justice de la République (CJR) , chez Olivier Véran notamment, avaient provoqué de vives polémiques.

 

Invité du "20H de Darius Rochebin", dans un grand entretien diffusé dimanche, François Molins révèle l’ampleur des actions en justice entamées concernant le Covid : "Il y a des milliers de plaintes qui arrivent." Il précise : "C’est un phénomène qui est nouveau, qui est dû certainement au développement des modes de communication et d’internet, et qui affecte la Cour de Justice de la République."

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Quant à savoir combien seront recevables, le magistrat explique : "C’est la commission des requêtes qui l’appréciera. Le même phénomène se produit au Pôle de santé publique de paris. (…) C’est un phénomène qui concerne la problématique dans son ensemble : le volet droit commun ou le volet ministériel."

 

Concernant les ministres, la CJR avait ordonné, en octobre dernier, des perquisitions aux bureaux et aux domiciles d’Olivier Véran et d’Edouard Philippe notamment. L’événement avait provoqué de vives réactions. Questionné sur un risque d’excès de pouvoir de la justice, qui puisse parasiter l’action sanitaire, François Molins répond : "La Cour de justice de la République fait la fonction pour laquelle elle a été créée, de poursuivre des infractions reprochées à des ministres dans l’exercice de leur fonction, même si c’était dans le cadre d’une action politique. Il y a un certain nombre de projets de réformes de la CJR. S’il y a un problème là-dessus, il faut que le modèle évolue. C’est la volonté nationale qui soit s’en saisir."

Un phénomène qui est nouveau dû certainement au développement d'internet notamment- François Molins

Ce chapitre s’ajoute aux rapports déjà tendus entre l’institution judiciaire et les responsables politiques passés ou en exercice. Questionné sur le danger d’une éventuelle "mégalomanie" souvent reprochées aux juges et sur l’expression "méthodes de barbouzes", employée naguère par Eric Dupond-Moretti pour qualifier les écoutes d’avocats par la justice, François Molins réagit : "Je ne fais pas la leçon à des collègues qui ont fait leur travail en conscience et comme ils l’estimaient." Il estime cependant qu’il serait préférable à l’avenir "de soumettre l’examen des fadettes à l’autorisation d’un juge."

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