Pour la première fois, un cœur transporté d'urgence en TGV afin de greffer un malade

Pour la première fois, un cœur transporté d'urgence en TGV afin de greffer un malade

SANTÉ - Cette semaine pour la première fois, un cœur a été transporté en TGV afin de réaliser au plus vite une intervention vitale. Une décision risquée, que le CHU de Nancy a prise à cause de la météo.

Un épais brouillard s'est abattu en début de semaine sur la région de Nancy. Une information météorologique insignifiante jusqu'au décès d'un homme, dans l'hôpital de la ville. Après une discussion hâtive avec sa famille, le don de son cœur a en effet été décidé. À quelques centaines de kilomètres de là, un receveur malade est quant à lui choisi parmi les cinq cents personnes en France en attente de greffe.

La brume intense empêche cependant les avions et hélicoptères de décoller. Les voies aériennes sont pourtant indispensables pour transporter un organe aussi fragile. De plus, le cœur doit être implanté dans les quatre heures qui suivent le prélèvement. Cela exige un moyen de transport rapide. Les voies terrestres classiques sont ainsi inenvisageables. La dernière option ? Emprunter les rails. "Vous êtes sûrs que c'est possible ?", "On s'est dit 'oui, on va essayer' et on y est arrivé", raconte le personnel soignant du centre hospitalier universitaire (CHU) de Nancy. Leur décision est prise : ils tentent le tout pour le tout.

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Le 20h

On n'avait pas de deuxième train derrière. C'était toute la difficulté. - Fabrice Vanhuyse, chirurgien cardiaque au CHU de Nancy

Une course contre la montre débute. Le cœur embarque de justesse dans l'unique train qui dessert la ville où il est attendu, part sans médecin et passe de mains en mains. "C'est la première fois", affirme le Dr Fabrice Vanhuyse, chirurgien cardiaque au CHU de Nancy. "C'est limité, on sait qu'avec le Covid il n'y a pas beaucoup de trains. On n'avait pas de deuxième train derrière. C'était toute la difficulté."

Contrairement aux pratiques habituelles, c'est l'hôpital de Nancy qui effectue le prélèvement et mène l'organe à la gare. "Dès qu'il a quitté le CHU, il est confié à un véhicule de transport, qui le confie au chef de gare à Nancy, qui le confie au conducteur du TGV, détaille Hélène Grégoire, responsable unité du prélèvement d'organes et de tissus de l'hôpital de Nancy. Ce conteneur reste dans la cabine avant d'être acheminé par la police jusqu'à l'hôpital de destination où le malade patiente déjà au bloc*. 

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Une opération réussie. Le receveur s'est réveillé ce mercredi 25 novembre dans l'après-midi avec un nouveau cœur. Cinq semaines de convalescence seront nécessaires avant de peut-être entreprendre de nouveaux voyages à travers le pays.

*Le don d'organe est anonyme en France. La date de l'intervention et l'endroit où est réalisée la greffe ne peuvent être divulgués.

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