Brisée par le Covid : le témoignage poignant de Mathilde, qui s'est réfugiée dans l'alcool

Brisée par le Covid : le témoignage poignant de Mathilde, qui s'est réfugiée dans l'alcool

ANXIÉTÉ - Depuis le début de la crise sanitaire, les addictions ont explosé chez les Français. Des patients du CHU de Clermont-Ferrand, comme Mathilde, expliquent comment ils ont rechuté devant les caméras de Sept à Huit.

Du jour au lendemain, Mathilde s'est retrouvée seule avec ses démons. Si elle rencontrait déjà des problèmes d'alcool depuis dix-huit ans, son état s'est aggravé avec les deux confinements mis en place pour endiguer la crise sanitaire. Depuis une dizaine de jours, la patiente tente de reprendre pied au CHU de Clermont-Ferrand. Sur la longue liste des dégâts collatéraux du Covid, les addictions se hissent en bonne place. Dans l'hôpital psychiatrique du centre de la France, le service addictologie reçoit quatre demandes par jour, contre une ou deux en temps normal. Les vingt chambres sont toutes occupées. 

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Assise sur son lit d’hôpital, Mathilde se confie à nos confrères de TF1. L'ancienne cuisinière rembobine son histoire. Plus précisément, au 17 mars 2020. Une date marquante pour tout le pays qui est pour la première fois mis sous cloche. À défaut d’éradiquer l’épidémie, le premier confinement bouleverse l’équilibre des Français les plus fragiles. Isolement, crainte de la précarité ou incertitudes, les raisons pour replonger sont multiples. "Je reçois des coups de téléphone, mais ce n’est pas pareil", estime-t-elle. De quelques bières à une bouteille de Muscat, Mathilde plonge dans l’alcoolisme. "J’étais tellement mal que je ne me rendais pas compte", confie-t-elle. 

Autour d'elle, plus rien n'a d'importance. "Je ne m’occupe plus de ma maison, plus de moi. Je me laisse complétement aller", avoue Mathilde presque gênée. De son propre aveu, la patiente est prise dans un engrenage. Elle ne se voit pas dégringoler. Au mois de juin, son fils décide de tirer la sonnette d’alarme. "Je n’étais pas présentable quand il venait me voir… Un jour il m’a dit : 'ça suffit maman, viens, je t’emmène'", raconte Mathilde. Trois mois plus tard, elle sort de sa cure de désintoxication. Elle ne boit plus une seule goutte d'alcool. À l'époque, nous sommes au mois d'août et la crise sanitaire semble s'éloigner. Plus pour longtemps. 

J’ai l’impression de décevoir mon fils- Mathilde, patient du service addictologie du CHU de Clermont-Ferrand

Trois mois plus tard, une nouvelle chape de plomb s’abat sur la France. Alors que le nombre de patients en réanimation monte en flèche, le moral de Mathilde rechute et sa maladie reprend le dessus. "J'ai redéconné", lâche-t-elle. La femme replonge quatre jours après le deuxième confinement. "À ce moment-là, j’ai l’impression de décevoir mon fils", déclare-t-elle tristement. Elle est de nouveau internée pour suivre une nouvelle cure de désintoxication. Si elle va mieux, la patiente sait que le combat n’est pas encore gagné. Mathilde craint un troisième confinement. "Je replongerai, c’est sûr", dit-elle d'un ton péremptoire. Le plus dur pour elle : gérer son anxiété sans avoir recours à l’alcool.

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Mathilde n'est pas la seule à qui le confinement a infligé un sérieux revers. Après sa deuxième rechute, elle retrouve Laurence, une patiente avec laquelle elle s'était liée d'amitié lors de sa première cure de désintoxication. Installées autour d'un plateau de jeu de société, les deux amis tentent de retrouver une vie sociale. Laurence entame pour sa part son troisième séjour d'internement. Elle aussi n'émet aucun doute : sa rechute est intrinsèquement liée au confinement. Lorsqu'on est alcoolique, la boisson est "notre seul refuge", estime-t-elle. En moyenne, un patient en cure de désintoxication passe 22 jours dans ce service. Actuellement, une quinzaine de personnes sont sur liste d’attente.

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